Hanoi Lille en moto

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22:13, 10/09/2012 .. Lien

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OUZBEKISTAN

09:58, 4/07/2012 .. Publié dans SUR LA ROUTE .. Lien

Le 24 juin 2008, nous ne perdons pas de temps, nous voilà donc dans la capitale Ouzbèke prêts à se confronter aux « customs clearances » indispensables pour récupérer nos chères montures. Nous avons évidemment fait appel à une compagnie d’import-export pour nous aider dans toutes ces démarches…  Notre première visite à Tachkent sera donc celle des bureaux de Transcontinental, guidée par son directeur Ahmar, un personnage haut en couleur qui résume à lui seul le sens de l’hospitalité des Ouzbèkes. Nous débarquons donc, tout excités, chargés de nos énormes sacs à dos, pour repartir la mine déconfite… Nos Minsk, qui devaient arriver demain, sont toujours à Hanoi. Le vol Hanoi-Tachkent a lui aussi été annulé faute de fréquentation de la ligne. Il nous faut donc trouver une autre solution, rapidement et à moindre frais !
Petite parenthèse, je dis « Le vol Hanoi-Tachkent a lui aussi été annulé faute de fréquentation de la ligne » parce que si vous avez bien suivi, nos motos devaient dans un premier temps nous être envoyées à Almaty (ancienne capitale du Kazakhstan) et ce même léger inconvénient s’était donc déjà posé d’où le choix d’une nouvelle destination: Tachkent. On ne vous en veut pas si vous ne comprenez pas tout… on vous l’accorde volontiers, c’est compliqué ces histoires ! Pour la suite des évènements aériens, faisons vite mais faisons clair puisque tout le monde sait déjà que nous avons finalement récupéré nos deux engins.
Après un bref séjour à Ho Chi Minh City d’où notre chère Mrs Khoa (directrice de la compagnie de transport vietnamienne) pensait pouvoir faire expédier nos colis, les motos sont de retour au point de départ: Hanoi. Les Minsk ont maintenant 4 jours de retard, c’est le week-end et nos nerfs, comme vous pouvez l’imaginer, sont mis à rude épreuve. Nous passons le plus clair de notre temps sur internet à s’assurer que des plans d’action sont bien mis en place pour solutionner ce problème majeur dans notre expédition… C’est finalement après un petit détour par Bangkok que nous verrons arriver nos motos à Tachkent une semaine et un jour plus tard que prévu. Maintenant il s’agit de les remonter et d’obtenir nos visas russes…
Oui, parce qu’entre temps, nous avons tout de même fait d’autres choses et notamment quelques démarches infructueuses auprès de l’ambassade de Russie pour obtenir nos visas de tourisme (impossible parce que la durée de nos visas kazakhes est inférieure à 3 mois) puis nos visas de transit (impossible puisqu’il faut le billet de train prouvant qu’on traverse effectivement la Russie, hors ces fameux billets de train ne sont délivrables qu’à partir d’un pays frontalier à la Russie). Notre seule solution de rechange, après avoir demandé l’aide de la secrétaire du Consul à l’ambassade de France, est de dire la vérité, tout simplement. Nous pouvons donc obtenir nos visas de transit sur présentation des papiers des motos, de nos permis de conduire internationaux et pour la modique somme de 95usd chacun ! Non, ce n’est pas qu’une impression, l’administration est usante dans chacun des pays du monde, je suis épuisée rien qu’en vous relatant ces faits !
Top chrono ! Il faudra une grosse après-midi pour dédouaner nos colis et une journée supplémentaire pour remettre nos montures en état et récupérer les visas. C’est donc le dimanche 6 juillet que nous donnons notre premier coup de kick pour sillonner les routes ouzbèkes. Au programme: Samarqand, Bukhara, Khiva, Nukus et beaucoup de déserts !

Tachkent

Dés nos premiers kilomètres qui nous mènent vers Samarqand, les rencontres sont au rendez-vous. Nous sommes d’abord hébergés un premier soir chez un grand-père à qui nous demandions notre chemin dans un petit village. Puis le lendemain par une famille ouzbèke, après deux heures de mécanique forcée sur le bord de la route: première vraie casse du voyage (nous sommes partis depuis 3 jours), un maillon de la chaine de la moto de Thomas a lâché. Nos hôtes nous offrent un toit et à manger, nous les soumettons à des séances photos pour immortaliser ces moments privilégiés, leur proposant de leur en envoyer dés notre retour en France. Malgré la barrière de la langue, quelques mots, gestes ou sourires suffisent pour partager un petit bout du voyage et créer des amitiés aussi éphémères soient-elles.

Samarqand

Si nous n’avons pour ainsi dire croisé personne jusqu’ici, le « Bed & Breakfeast » où nous avons choisi de séjourner, le temps de visiter la ville, grouille de voyageurs venant des 4 coins du globe. Première immersion au sein de la « communauté backpacker »… étouffante ! Ça raconte à qui voudra l’entendre ses 36 voyages autour du monde, ça met sa petite expérience personnelle sur le devant de la scène, ça pose des questions existentielles au petit déjeuner « what’s your traveling philosophy ? » (quelle est ta philosophie du voyage ?)… Enfin, j’exagère un peu, nous avons fait de sympathiques connaissances et amélioré notre anglais. Je crois pouvoir dire que nous avons croisé dans le patio de la Guest House une dizaine de cyclistes venant pour la plupart de Suisse mais aussi de Hongrie et d’Angleterre. Alors c’est qui les fous dans cette histoire ?? Le véritable avantage de ces « réunions » est de pouvoir prendre des renseignements sur les routes que nous emprunterons dans quelques jours… au programme: du bitume, du bitume et quelques routes en travaux (nids de poule, graviers, trous, sables)… En attendant nous ne manquons pas de visiter l’incontournable Registan de Samarqand, ses medressa et le mausolée Shahr-I-Zindah. Ces visites se passent de commentaire, on vous laisse apprécier les photos…
Toujours plus à l’Ouest, des étendues de sable à n’en plus finir parsemées de buissons séchés par un soleil pesant (et de quelques bouteilles de plastique)… notre rencontre avec le désert est impressionnante, pas très rassurante. Pas un arbre pour nous apporter 1 cm² d’ombre, nos pauses, régulières, se font donc en plein cagnard pour boire nos réserves d’eau qui se réchauffent rapidement sous les 45°C ambiant, il ne nous manque plus qu’à y infuser le thé. 

Bukhara

Deux petites journées nous suffiront à rejoindre Bukhara et sans vouloir nous vanter, nous aurions pu parcourir ces 270 kms en un jour si nous n’avions pas été retenu au beau milieu du désert pas la générosité des Ouzbèkes. Nous nous sommes  aventurés dans un village en bord de route espérant y trouver de l’eau fraîche et nous voilà abrités de la chaleur, abreuvés et nourris… et interdiction de repartir avant 16h30, le soleil tape trop ! Incroyable…
A Bukhara nous retrouvons par hasard Guillaume et Maryline, des Grenoblois en vadrouille à bord de leur J5 bleu, avec qui nous déciderons d’un commun accord de faire un bout de route ensemble jusque Khiva. Voilà environ 4 mois que ces deux baroudeurs ont quitté notre bonne vieille France et sillonnent les pays méditerranéens et le Moyen Orient pour rejoindre Bichkek (Kirghizstan) dans quelques temps où ils vendront leur van pour continuer l’aventure en Asie du Sud-est et en Inde à pied.
Nous élisons domicile chez Mubinjon qui tient une petite Guest House réputée pour l’architecture typique de sa maison datant de 1766. Un havre de paix et de silence perdu au fin fond d’une ruelle de la vieille ville et restauré depuis une douzaine d’années par cet amoureux de l’art et des pigeons. Mubinjon pense arriver à bout de ce travail de titan en 2013. On lui souhaite bien du courage. En attendant, on profite des heures trop chaudes de la journée pour bouquiner et se reposer et dés que le temps le permet, nous partons nous perdre dans cette ville labyrinthique. Ce ne sont pas les monuments qui manquent à Bukhara: des anciens bazars couverts, des mosquées, des medressas… Nous étions particulièrement intéressés par l’une d’entre elles, la medressa Rachid, qui, quelques années auparavant, avait été le sujet d’un projet de restauration H.Q.E. réalisé par un architecte Belge, Nicolas Detry. Nous n’avons pas réussi à joindre l’architecte local, collaborateur du projet, mais avons tout de même pu visiter la medressa alors nous ne manquerons pas de vous faire part de cet ambitieux projet tombé à l’eau faute de moyen financier… à retrouver dans la partie architecture.
On the road again, suivi de très prés par notre logistique… Guillaume et Maryline nous déchargent de nos gros sacs à dos pour ces deux jours de traversée de désert et nous leur confions appareil photo et caméra… Un poids en moins sur la moto et dans nos esprits, quoiqu’il arrive dans ce paysage aride, nous ne sommes pas seuls !

Khiva

Ou la ville musée d’Ouzbékistan. Khiva est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. Une fois passée une des portes des remparts de la ville, c’est un véritable décor de cinéma qui s’offre à nos yeux. Dans un labyrinthe de ruelles se confrontent maisons de terre et monuments musulmans caractéristiques de l’Asie Centrale mais le temps semble s’être arrêté dans cette ville fantôme et seul le tourisme l’anime encore un peu chaque jour. Les petits commerces et les bâtiments administratifs de Khiva, qui participent à son développement, s’implantent forcément à la périphérie et contribuent à l’affaiblissement du vieux centre.
Il est l’heure pour nous de quitter nos compatriotes français pour nous diriger toujours plus à l’Ouest. Après un passage rapide chez le garagiste pour regonfler nos pneus (et oui, nous récupérons chacun nos sacs à dos, soit environs 18 kilos supplémentaires par moto !), nous quittons le dernier oasis, qu’est la région de Khiva, pour traverser nos derniers déserts ouzbèkes avant les steppes du Kazakhstan.

Nukus

Il n’y a qu’une seule bonne raison de se rendre dans cette ville, son musée abrite la plus grande collection d’art soviétique au monde. Malheureusement pour nous, le sort en décidera autrement, je ne verrai de Nukus que les quatre murs de ma chambre d’hôtel miteux. Ce n’est pas la grande forme et nos visas expirent dans 3 jours. Pas de secret dans ces cas là, du repos et du repos.
Deux jours pour relier Nukus à la frontière Ouzbèke-Kazakhe ne seront pas de trop. D’après nos informations,s la route n’est pas en très bon état et pourtant il ne faudra pas traîner… Nous ne voyons pas passer nos premiers 200 kms et quelque et poussons même un peu plus loin que prévu pour planter la tente dans le désert, à côté de deux caravanes réhabilitées en dortoir pour les ouvriers d’un chantier de voirie… Pas de doute, les prochaines bornes qui nous mèneront à la frontière se feront sur de la piste !

La douane et la police Ouzbèke.
Malgré les mises en garde sur les innombrables check points policiers et militaires ainsi que sur la politique de « bakchich » ouzbèkes, nous circulerons tout à fait librement et gratuitement sur ces routes. Une nouvelle politique vis-à-vis des touristes a récemment été mise en place en haut lieu… Quelques arrestations tout de même pour satisfaire la curiosité de ces messieurs en uniformes: deux touristes français en Minsk, ils n’en croisent pas tous les jours ! En effet, cette moto biélorusse, très connue ici, nous sert surement de passe droit.
Pour ceux qui voudraient tenter l’aventure en Ouzbékistan, l’ambassade de France vous délivre une lettre de protectorat qui peut faciliter vos déplacements dans le pays. N’hésitez pas à les contacter, vous serez surpris de leur accueil et de leur disponibilité !! On en profite pour remercier encore Anora et Gauthier…
A la frontière, même topo… Aucun problème ni pour sortir du pays ni pour retourner au Kazakhstan. Aucune fouille des bagages. Aucune perte de temps. La prochaine, c’est la Russie et ça risque d’être moins évident ! on vous tient au courant…

 

Architecture vernaculaire :
L’Ouzbékistan est un pays de terre. J’entends par là que nous ne trouvons que de rares montagnes à l’ouest, mais insuffisamment pour créer un vrai culture de l’architecture de pierre, et pour ainsi dire aucune forêt, faisant du bois un matériau précieux que les Ouzbèkes emploient uniquement pour les structures de charpente et pour le colombage dans certaines régions agricoles. Le pays est majoritairement constitué de steppes et de déserts qui font de la terre le matériau incontournable de l’architecture vernaculaire. Le savoir faire de sa mise en œuvre est ancestral, il se caractérise par différentes techniques.
Si on peut observer l’emploi de la brique de terre cuite, dans un pays où le monde rural est basé essentiellement sur une économie locale, c’est la brique de terre crue qui est privilégiée. En effet, elle a l’avantage d’être fabriquée sur place et à faible coût. Nous trouvons donc en Ouzbékistan une architecture vernaculaire très présente et ce, même en ville où nous observons d’ailleurs un urbanisme spécifique de ruelles étroites labyrinthiques.
Dans les plus grandes villes, c’est le type soviétique qui s’est imposé. Nous retrouvons alors des traces de la ville ancienne généralement autour du bazaar, comme à Tachkent. Elle ne constitue pas un centre mais plutôt un quartier à part d’un système de grandes avenues. Il serait d’ailleurs intéressant de développer plus longuement sur l’urbanisme soviétique et notamment sur l’influence de Monsieur le Corbusier dans ce domaine mais ce n’est pas le propos. Nous vous renvoyons donc, si cela vous intrigue, à cette référence: Jean-Louis COHEN, Le Corbusier et la mystique de l’URSS, théories et projets pour Moscou 1928-1936, Pierre Mardaga Editeur, 1987.
Revenons à nos briques… On peut différencier trois différentes mise en œuvre de la terre.
1/ La brique de terre:
C’est la technique que l’on aura le plus rencontré. Les briques de terre séchée mesurent 40x20x15. Elles sont donc réalisées sur le chantier en utilisant la terre de décapage du terrain mélangée à de l’eau et de la paille qui solidifiera l’ensemble telle une armature. Les briques sont séchées au soleil pendant plusieurs jours avant d’être utilisées, sachant que la température ambiante est de 45°C.
Elles sont ensuite traditionnellement maçonnées au mortier de terre sur un soubassement de pierre. Aujourd’hui on observe plus fréquemment l’utilisation du parpaing pour le soubassement ainsi qu’un vide sanitaire ventilé. On peut à ce moment trouver avant la maçonnerie une feuille étanche pour empêcher les remontées capillaires afin de protéger la base du mur.
Dans ce climat aride, été comme hiver, une bonne épaisseur de mur est indispensable pour isoler l’habitation. Celui-ci mesure 40cm ce qui correspond à la largeur de deux briques juxtaposées ainsi qu’à la longueur d’une seule. L’assemblage de la maçonnerie se fait donc par croisement des briques à chaque lit successif. La terre est un bon isolant qui suffit à garder la fraîcheur l’été et inversement à maintenir la chaleur produite l’hiver. Afin de renforcer cette caractéristique naturelle, la maison ne disposera que de peu d’ouverture.
Dans ce type de construction, la toiture est réalisée en deux étapes. D’abord un plancher en bois vient se poser directement sur la dernière assise de la maçonnerie, il constituera le plafond à l’intérieur de la maison. Sur ces poutres vient reposer un portique qui recevra ensuite les pannes formant la pente de la toiture. Cette forme de charpente se réfère à celles rencontrées traditionnellement en Asie du Sud-est. Etonnamment les couvertures sont en tôle ondulée fibrociment ou métallique. Nous n’avons vu aucune couverture en tuile, en chaume ou en lause… Entre le plancher et la couverture subsiste un vide qui peut servir de stockage dans les fermes agricoles. En général, le pignon de la toiture est donc ouvert et laisse apparente sa structure en bois.
Enfin, les façades de l’habitation peuvent être recouvertes d’un enduit de terre puis peintes, traditionnellement à la chaux blanche, ce qui par la même occasion a la particularité de repousser les insectes. Les menuiseries sont elles peintes en bleues ce qui confère à la maison un petit côté méditerranéen.
2/ L’adobe de terre:
Ce deuxième type de mise en œuvre de la terre utilise la technique du banchage pour l’élévation des murs porteurs. Elle consiste donc à réaliser un coffrage en bois de l’épaisseur voulue pour le mur et d’y couler un béton de terre par couche successives de 40 à 50 cm. Après séchage du dernier lit on répète l’opération jusqu’à atteindre la hauteur souhaité pour le mur. Le béton de terre est constitué d’un mélange de terre argileuse, de paille et d’agglomérats tels que le gravier. C’est dans la région de Khiva, au Sud-ouest, que nous avons principalement observé cette technique. Elle est le plus souvent associée à l’emploi de la toiture plate en terre battue. Ainsi directement sur les murs porteurs, une série de poutre est posée et recouverte de plusieurs couches de lits de paille croisés, qui constitueront le plancher, puis d’un mortier de terre. Cette épaisseur de terre est travaillé, battue, lissée afin de la rendre un maximum compacte et étanche. Les rares pluies de l’hiver ruisselleront et seront évacuées par des ouvertures prévues à cet effet dans l’acrotère. Ces toitures servent également de stockage pour la paille, la laissant sécher au soleil.
3/ Le colombage, remplissage de briques, enduit:
C’est à Bukhara que nous avons découvert cette troisième technique. Sous l’enduit de terre usé par le temps apparait une structure porteuse en bois, qui constitue les murs de l’habitation, remplie de briques disposées aléatoirement. Elle repose également sur un soubassement en pierre, identique à celui des techniques présentées précédemment, afin d’éviter une détérioration trop rapide du bois dû à l’humidité du sol. La charpente de la toiture s’inscrit dans la continuité de la structure en colombage. Cette mise en œuvre nécessite un enduit de façade plus épais, en raison de sa moins bonne adhérence avec le bois, et doit être régulièrement renouvelé.




RUSSIE

09:01, 4/07/2012 .. Publié dans SUR LA ROUTE .. Lien

TRANSIT EN RUSSIE 04 août_13 août

Si vous avez bien suivi toutes nos péripéties, vous savez déjà que nous n’avons pu obtenir qu’un visa de transit pour traverser la Russie (pour les autres, ceux qui sont un peu perdus, se reporter au chapitre sur l’Ouzbékistan). Nous n’avons donc le droit qu’à 10 jours dans ce grand pays… il s’agit de s’organiser!
Une fois la frontière passée nous rejoignons Volgograd en deux jours. Quel bonheur de retrouver la verdure! Si quelques steppes persistent dans le paysage, nous trouvons tout de même pour notre premier campement en Russie un bout de rivière et quelques arbres… et ma foi en charmante compagnie. Dans notre recherche du lieu parfait pour planter la tente, nous tombons sur une famille russe en vacances qui nous invite à se joindre à eux. L’ambiance est à la fête et la vodka coule à flot! Malgré quelques appréhensions de ma part, nous passerons une excellente soirée. Un premier aperçu de la générosité des Russes… D’ailleurs nous repartirons avec un cadeau à déguster à notre arrivée dans le Nord!

Volgograd

L’ex Stalingrad s’étend sur près de 80 kms le long du célèbre fleuve la Volga, qui donne aujourd’hui son nouveau nom à la ville. A notre entrée dans celle-ci, la route jusqu’au centre-ville nous paraît interminable, la fatigue aidant (plus de 400 bornes en 2 jours… en Minsk). Une pause photo hasardeuse sur un parking, d’où nous pouvons observer la « géante mère patrie à l’épée », sera l’occasion d’une rencontre avec deux motards intrigués par nos montures. Solidarité oblige entre amateurs de deux roues, ils nous aideront à trouver l’hôtel où nous séjournerons durant notre visite de la ville. Hôtel incontournable puisque nous y croiserons du beau monde… Un anglais de 65 ans échappé d’un rallie en GS1200, deux allemands sur leurs vieilles BMW dignes de motos de collection et une voiture belge du Rally Mongol, un peu à la traine apparemment puisque les derniers participants croisés en date étaient au Kazakhstan…
Petite visite de la ville au hasard des rues… et visite inévitable du mémorial de la 2ème guerre mondiale sur la colline Mamaïev Et nous sommes déjà repartis.
Il ne nous faudra pas moins de deux heures pour sortir de Volgograd. Nous décidons alors de nous arrêter chez un garagiste pour régler nos problèmes électriques… un peu marre de mettre son bras pour tourner ou doubler, tel un cycliste, et un peu peur également des contrôles ukrainiens à venir… Mais nos montures donnent du fil à retordre aux mécanos russes et l’après-midi ne suffira pas à venir à bout des deux motos…Sergueï, un ami du garagiste, nous regarde travailler sur la première Minsk. Il vient très vite faire la conversation à Constance qu’il trouve apparemment à son goût. Les présentations étant faites et la deuxième moto n’étant pas réparée, nous nous invitons chez Sergueï grâce à son ami Alexis, professeur de français et interprète pour l’occasion. Ils sont tous deux ravis, l’un de pouvoir nous accueillir chez lui et rester plus longtemps en compagnie de Constance, qu’il couvrira de fleurs et de cadeaux, l’autre de pratiquer son français avec d’autres personnes que ses étudiants. Nous resterons donc une journée de plus à Volgograd… pour revisiter le mémorial mais en compagnie de deux guides et sous le soleil cette fois-ci. Cette rencontre est aussi l’occasion de nous expliquer ce qu’il se passe en Ossétie du sud. Le soir où nous dormons chez Sergueï, nous apprenons ensemble par le journal télévisé que la guerre est déclarée par la Géorgie sur cette région indépendantiste aidée par les Russes. Il nous est difficile de comprendre les explications d’Alexis même si son français est très bon, mais peut être que lui non plus n’a pas compris tous les problèmes géopolitiques du moment et les informations en russe ne nous aident pas à mieux comprendre. Malgré l’invitation de Sergueï à prolonger notre séjour chez lui, nous devons quitter notre hôte qui comprend bien qu’avec notre visa de 10 jours, il sera juste de faire la route dans les temps si nous acceptons. Il fera tout de même une dizaine de kilomètres avec nous pour nous mettre sur la bonne route après la sortie de Volgograd. Quand nous sommes accueillis, ce n’est jamais à moitié. Nous n’en demandons jamais tant, mais avec le recul, c’est surement cela qui nous fait tenir la distance de ce voyage, savoir qu’il y aura toujours des hommes pour nous aider loin de chez nous… Si c’était le but du projet d’aller à la rencontre des gens, c’est souvent le contraire qui se passe: ce sont les gens qui viennent à notre rencontre.
Nous continuons notre route vers la République de Crimée en Ukraine par les petites routes aux milieux des champs de tournesols. Notre deuxième nuit sous la tente sera la dernière en Russie puisque nous trouverons par la suite de sympathiques hôtes.
D’abord Katia et sa famille qui nous interpellerons de leur jardin pour nous inviter à prendre le thé et chez qui nous passerons finalement la nuit. Nous goûterons pour la première fois au fameux borch’, une soupe à base de betteraves, de carottes, de choux, de pommes de terre, de tomates et d’oignons, avec des morceaux de bœuf, servie avec de la crème fraîche… et ce n’est que l’entrée! Comme chaque fois que nous sommes invités, nous sommes nourris comme des rois et tous les produits sont locaux!!! La plupart des fermes que nous croisons vivent en autarcie. Katia possède environ 3 hectares de potager, des cochons, des poules, un taureau et une vache (le lait frais le matin… un délice!)…De quoi s’occuper pendant que son fils Sacha travaille à la coopérative agricole du village. La maison est simple comme souvent : les toilettes sont dehors (comme toujours) ainsi que la douche. L’eau courante n’existe pas, il faut actionner la pompe pour remplir la réserve d’eau de la douche, située au-dessus de celle-ci ou un seau qui servira à faire la cuisine.
Le départ a toujours un goût amer, il est délicat de quitter ces gens qui nous traitent comme de vrais amis et que nous ne reverrons surement jamais. Nous prenons à chaque fois leur adresse pour envoyer les photos de notre soirée qu’ils pourront ajouter à l’album de famille que nous regardions ensemble après le repas.
La route, encore la route. Quand nous sommes sur nos motos, le temps n’existe plus. A chaque pause, c’est le coup de fatigue, les douleurs qui se réveillent. Une fois repartis, tout disparait. Concentration, divagation, contemplation sont les maîtres mots des motards en voyage, le nez au vent, presque libres sur les routes toutes tracées par la carte. La boussole orientée, nous vérifions tout de même que le cap reste le bon. Le tout étant de ne pas aller vers l’Est…
Ce soir, comme tous les autres, nous cherchons un endroit où dormir. Nous sortons de la route et nous enfonçons dans une plaine irriguée de canaux tracés par l’homme. Les chemins, assez larges pour les machines agricoles, sont bordés de roseaux, nous ne voyons ni les champs, ni l’horizon. Nous nous arrêtons dans une sorte de coopérative agricole communautaire (un ancien kolkhoze peut être). Il y a un jardin avec un mémorial de la seconde guerre, sous une pergola une série de bancs, disposés face à une petite estrade comme dans une salle de classe, doit surement servir de lieu de réunion aux ouvriers agricoles pour écouter le responsable qui organise le travail de tous. Trois bâtiments servent de dortoir. Le toilette et la douche sont deux cabanes en bois, dehors. Les lieux ont l’air un peu abandonné aujourd’hui: un seul bâtiment est en partie occupé, ce qui permet aux deux hommes présents ce soir là de nous offrir une chambre pour la nuit. Ça sent le vieux, des toiles d’araignées décorent les murs et les fenêtres et les lits sont presque moisis... Nous aurions été plus au propre dans notre tente, mais on ne refuse jamais un toit en dur.
Dernière ligne droite en Russie… Nous ne sommes plus qu’à quelques kilomètres de la frontière maritime qui nous sépare de la République de Crimée. Comme chaque fois, nous appréhendons légèrement les contrôles douaniers. Ils sont au centre des discussions avec les autres voyageurs et il est souvent question d’histoire de corruption…
Dernière pause pour contempler un nouvel aspect de la campagne russe… ses vignes! Une moto nous double alors et Thomas a juste le temps de voir qu’elle est immatriculée en 01… Nous remontons sur nos Minsk et démarrons en trombe espérant la rattraper?!!?? C’est finalement au check-point que nous les rencontrerons, un couple français et leur Pan European… sans leur carte grise! Nous les abandonnerons là avec les numéros des ambassades et consuls en Russie avant de rejoindre la vraie zone de sortie de territoire et ses 300 mètres de queue (que nous déciderons rapidement de doubler). Il nous aura fallu une après-midi entière pour changer de pays, un record!
Il est alors environ 13h30, un premier guichet pour acheter des places pour nous et nos motos à bord du bac, un deuxième guichet pour vérifier que nos papiers sont en règles pour sortir de Russie… Malheureusement, ce ne sera pas le cas pour nous. Nous ne nous sommes pas enregistrés au bureau d’immigration russe, puisque tout simplement nous ne la savions pas, ce qui n’a pas l’air d’être une bonne excuse auprès du douanier… Anyway cela nous coûtera 80 euros… Urgl!! Puis enfin le véritable poste frontière, après avoir remplis des formulaires à un troisième guichet. Entre temps, Fabrice et Delphine ont retrouvé leur papier et nous ont rejoins dans la valse de l’administration. Tout le monde est en règle et nous pouvons embarquer sur le bateau… et attendre aussi que les autres soient en règle et qu’ils embarquent… Nous larguons les amarres, enfin. Quelques minutes plus tard nous débarquons en Ukraine, encore un contrôle mais plus rapide celui-là… Il est 19H15. Heureusement la compagnie de Fabrice et Delphine nous aura permis de ne pas voir ces 6 heures passées et une bonne bière fraîche nous fera vite oublier cet après-midi éreintante.

 




VIETNAM

10:38, 2/07/2012 .. Publié dans SUR LA ROUTE .. Lien

Hanoï

    

Une année de préparation. Une idée, un rêve et un projet qui se monte. Après un an à travailler au Vietnam, un retour en France pour régler tout ce qui est impossible à organiser sur place, nous revoilà dans l’avion du retour sur Hanoi. Est-ce le vrai départ de l’aventure ? En tout cas, nous partons pour réaliser ce projet et pour rien d’autre. Certes, nous restons dans la capitale un bon moment afin de finaliser les préparatifs du projet, mais nous aurons aussi tout le temps de redécouvrir la ville.
Je ne connais pas encore très bien les villes de l’Asie du Sud-est, mais on peut dire aujourd’hui que Hanoi nous aura laissé percer quelques-uns de ses secrets. Nous avons eu le temps, en un an et demi, de développer avec elle une relation d’amour-haine ; cette ville se révèle tantôt exaltante, tantôt exaspérante. Rien n’est noir ou blanc dans la vie, Hanoi nous fournit la matière pour en faire l’expérience. La première chose qui nous a marqués en arrivant, c’était l’ambiance grouillante de vie, une sorte d’anarchie, de désordre qui fonctionne finalement très bien. C’est la circulation chaotique qui paraît répondre à ses propres règles qui nous surprend d’abord. On se croise, on s’effleure, on s’évite, on klaxonne, mais ça passe. La moto est reine ; agile, elle se fraie un chemin dans cette jungle urbaine. Nous éprouvons ce sentiment de liberté d’évoluer sans nous préoccuper des stops, des feux, des priorités. La règle numéro un est la concentration. Pourtant, depuis peu, la police veille au grain. Le port du casque est maintenant obligatoire et on voit apparaître une campagne de sensibilisation à la sécurité routière (on leur souhaite bonne chance), car le taux de mortalité sur les routes est encore très élevé. Trop souvent, les jeunes trop imprudents jouent avec leur vie et celles des autres en défiant la circulation à vive allure alors que, si tout fonctionne, c’est justement qu’ ici on ne roule pas vite. A 30-40 km/h, ce désordre devient très fluide. Arrivés de notre Europe bien réglementée et aseptisée, nous avons une réelle impression de liberté retrouvée.


Mais le choc des cultures n’est pas une illusion. Car, certains jours, tout devient compliqué, tout vous énerve. « il ne peut pas faire attention, celui-là ? » Souvent, il faut prendre du recul, garder son sang-froid. Comme dans une fourmilière, on se bouscule, on passe devant sans s’excuser (c’est dur de faire la queue au Vietnam) Pourquoi? Ca se passe comme ca depuis toujours ! Se comprendre demande du temps et de la bonne volonté. Personne n’est prêt à oublier ses origines et être loin de chez soi nous met devant les yeux ce qu’on ne peut pas voir chez nous. Hanoi nous a appris cela et ce voyage qui commence sera autant d’expériences qui nous feront sûrement découvrir encore bien d’autres choses. En attendant, nous devenons parfois un peu vietnamiens. Et il arrive que, quand nous sommes avec des amis Hanoiens, ils nous fassent remarquer que nous ne sommes finalement pas des touristes, mais bel et bien parmi eux, avec nos petites habitudes et réactions calquées sur eux, qui les font sourire. Les glaçons dans la bière (Feu notre éducation du Nord de la France et de la Belgique), essuyer ses baguettes avant le repas, ne plus hésiter à combattre sa place dans une file d’attente, passer au feu rouge quand on tourne à droite ( ca évite les bouchons… un peu), manger des fruits plutôt qu’une friandise quand un petit creux s’annonce entre les repas, se prendre un café crème avec glaçons, parler à son voisin au cinéma puisque toute la salle en fait autant, et ô malheur, mea-culpa, ne plus faire une course, même pour 500 mètres, sans prendre son scooter.

Mais revenons sur la ville de Hanoi et sur nos deux derniers mois ici. Notre but est de terminer les préparatifs. Nous vivons la ville selon ce besoin : préparation des deux motos, des bagages, des formalités administratives. Ici, tout peut être fait sur mesure. Les rues sont à thèmes : quartier des ambassades, rue des sacoches, rue des couturiers, tous les détails qu’on peut imaginer s’expliquent, se négocient. Avec nos quelques notions de vietnamien, ce n’est pas toujours facile, mais on y arrive. Rien ne sert de chercher la pièce qui vous convient puisqu’on peut la faire sur mesure. La vie de la rue s’anime sur ce principe. Tous les rez-de-chaussée sont d’innombrables successions  de boutiques en tout genre qui font vivre chaque quartier. Les supermarchés sont rares, et ne sont que les prémices d’une économie occidentale qui n’est pas encore rentrée dans les habitudes de vie. Déjà historiquement le vieux quartier de Hanoi fonctionnait comme ça (le quartier des corporations). On relèvera tout de même que le Vietnam depuis peu se développe à vitesse grand V. Il y a encore 2 ans, on ne trouvait pas toutes ces voitures qui commencent à encombrer les rues. On ne compte plus le nombre de 4x4 super luxe qui nous montrent l’émergence d’une nouvelle classe sociale : les nouveaux riches. Le vélo tend à disparaitre, le cyclo-pousse n’est plus qu’un vestige du passé au seul usage des touristes en quête d’authenticité perdue. Ne reste de ce mode de vie, en effet, que ces boutiques, ces restaurants de rue où l’on mange assis sur des tabourets bas, devant lesquels passe continuellement cette circulation.

          

Hanoi est aussi la ville de l’eau et des lacs. Située au bord du Fleuve Rouge , elle se trouve sur sa rive droite. La grande largeur du fleuve, environ 1 Km, ne lui a pourtant pas permis d’en être un élément central comme la Seine à Paris par exemple. Mais l’évolution urbaine et les décisions politiques veulent changer cela. Les projets de construction de ponts supplémentaires et la volonté de développer Hanoi par ses rives en grand centre économique à terme changeront surement le paysage urbain de la ville. Il faudra pour cela maîtriser les caprices de ce fleuve notamment pendant les périodes de crue. Hanoi a toujours du dompter l’eau dans son histoire. Ainsi, la présence de nombreux lacs montre comment les hommes canalisent des terrains gorgés d’eau. Nous pouvons, tout à coup, trouver en plein milieu d’un îlot très dense un petit étang, ou bien découvrir d’énormes étendues  d’eau devenant un parc public, un élément majeur de la forme urbaine. La végétation est aussi omniprésente. Quasiment toutes les rues sont bordées d’arbres magnifiques. Parfois, dans une ruelle étroite, un arbre ancestral arrive à fleur de façade, jusqu’à parfois s’incruster dans celle-ci. Jamais il ne sera coupé.
Mais il ne serait pas convenable de parler d’une ville sans décrire ses bâtiments, son architecture. Nous vous réservons cela plus bas dans notre rubrique « Architecture ». Le brouhaha, la pollution, et l’agitation de cette métropole nous invitent régulièrement à en sortir, et le Vietnam nous offre une campagne généreuse en paysage, mais aussi avec une diversité culturelle conservée par 54 ethnies minoritaires ( les Tay, le Muong, les Hmong, les Dao, les Lolo, …).

 

 

 

 

 

 

Nord Vietnam

Nous le savons depuis un moment maintenant, le départ ne se fera pas avec les Minsk. Nous quittons Hanoi dans 10 jours par le train tandis que nos motos s’envolent pour Almaty… Rendez-vous dans un mois au Kazakhstan. Alors nous avons profité de l’arrivée à Hanoi de Claire et Elinor pour entamer cette aventure un peu plus dans le ton du projet : une dizaine de jours dans les montagnes du Nord Vietnam. Une petite boucle en Minsk qui s’achèvera par l’ouverture, le 30 mai, du resort d’un ami et partenaire du projet, Fredo Binh.
Première étape Babe, à 230 km au Nord Est d’Hanoi. Un petit crochet par l’hôtel des filles pour les embarquer, puis par la Compagnie Bourlingue pour les conseils de dernières minutes (toutes nos sorties de Hanoi en moto sont toujours passées par-là, on ne change pas les mauvaises habitudes…) et évidemment par la pompe pour ne pas avoir de mauvaise surprise… et nous voilà tous les cinq fins prêts pour ces quelques jours d’escapade.
Après une matinée de slalom entre les camions et les voitures (de plus en plus nombreuses au Vietnam) pour quitter doucement Hanoi et son brouhaha et s’enfoncer peu à peu dans la campagne vietnamienne, une petite pause s’impose pour se restaurer… Force est de constater, après un bon festin, que la pluie semble vouloir nous accompagner encore quelques kilomètres, nous enfilons nos ponchos et repartons pour rejoindre rapidement les paysages montagneux tant attendus.

      

Nous nous engageons sur les routes sinueuses pour gagner au plus vite Babe. La route est encore longue et mon peu d’expérience de la montagne ne nous aide pas à accélérer la cadence. Grégoire trace sa route en tête avec Claire derrière lui tandis que Thomas modère son allure pour me garder dans son rétroviseur… Quelques pauses, rapides à cause de la bruine incessante, pour savoir si tout roule correctement et nous sommes repartis… jusqu’au premier (et dernier) problème technique de la journée. Plus possible de redémarrer la Yamaha de Grégoire… bougie, essence ou pire ? La moto est sur la réserve, Thomas retourne au dernier village le plus proche (environ 15 km) afin de ramener de l’essence dans nos beaux bidons jaunes. L’occasion pour lui de se faire plaisir seul sur la route et de tester l’effet du poids des bidons pleins sur l’avant de la moto. Pendant ce temps là, Grégoire bricole pour accéder à la bougie et nous, les filles, discutons de choses et d’autres alors que la nuit tombe doucement.
Petit nettoyage de la bougie, plein du réservoir et la moto ronronne à nouveau… Commence alors une course folle contre le temps pour ne pas arriver à Babe dans le noir complet. Encore 40 bornes à parcourir, nous ne gagnerons pas ce soir-là. Le village nous accueille dans un silence étourdissant qui promet une soirée paisible et une bonne nuit de sommeil. Au programme demain, découverte du paysage somptueux qui nous entoure et petit tour en bateau sur le lac.
Dans la province de Bac Can, le parc national de Babe renferme un petit village ainsi qu’un lac immense. Ce site est le mélange féérique d’une végétation débordante, de roches ciselées et de la douceur de l’eau. Au milieu de cette bataille incessante, quelques maisons sur pilotis se dressent le long d’une route ondulante laissant penser que quelques personnes essaieraient bien de dompter cette nature… C’est l’ethnie des Tay Noirs qui vit dans ces montagnes aux forêts luxuriantes. Les habitants vivent tranquillement au rythme de la culture du riz, du maïs ainsi que de la pêche.
C’est Tuan, un militaire à la retraite, d’après ce que nous racontent les photos qui jonchent le mur, qui nous héberge dans sa « nha nghi » pour deux nuits. Ici vivent quatre générations : la maman de Tuan, sa femme, son fils, sa belle-fille et sa petite fille. Nous sommes accueillis par un repas copieux et nous ne mettons pas longtemps à nous effondrer dans nos lits après cette première journée de route.
Nous restons donc une journée à Babe pour profiter du lac, revisiter de jour les alentours de la route qui nous avait menée jusqu’ici la veille dans le noir et apprécier le calme tout simplement.
Deuxième étape, la ville de Cao Bang plus au Nord. Notre itinéraire se dessine au jour le jour. Nous hésitons à nous rendre dans la province du Ha Giang qui est très contrôlée et soumise à autorisation. Grégoire ne possède que la photocopie des papiers de la moto qu’il a louée et les filles n’ont qu’une copie de leurs passeports.
Départ 9 heures, nous quittons le parc national pour nous enfoncer un peu plus dans les montagnes. Les Minsk sont bien chargées et certaines montées sont douloureuses. Quelques pauses sont indispensables dès que le col pointe le bout du nez ce qui nous permet de mieux apprécier les magnifiques panoramas que nous offrent le Vietnam. Nous suivons Grégoire qui se transforme pour l’occasion en guide. Il est midi, nous n’avons pas encore très faim et décidons de poursuivre jusqu’à la prochaine petite ville puis de bifurquer vers la route qui nous amènera à destination. Nous découvrons, une dizaine de kilomètres plus haut, que cette fameuse route que nous devons emprunter s’avère plutôt être une sacrée piste, à la grande joie des garçons. Pour ma part, un peu de réticence, mais quand il faut y aller… Un peu de boue pour commencer, des belles montées de caillasses  ensuite, encore un peu de boue, maintenant des pierres et du sable, quelques bonnes descentes parsemées de cailloux… je confirme la Minsk passe partout ! Une petite chute quand même dans une belle ornière boueuse, rien de cassé, on redémarre en espérant voir bientôt une belle route bitumée à l’horizon. 25 km et 2h30 plus tard, on en redemande presque. Un bon pho au poulet (bouillon de nouille de riz et de poulet aromatisé) pour nous récompenser et on se remet en selle, pas trop envie d’arriver de nuit à Cao Bang, cette fois-ci.
La première nha nghi trouvée fera l’affaire, nous sommes épuisés et ne prenons pas le temps de visiter  la ville qui ne semble à priori pas très palpitante. Un pho (encore mais au bœuf cette fois-ci), quelques bières et une discussion sérieuse sur la prochaine destination… nous ne sommes toujours pas sûrs que traverser le Ha Giang soit une bonne idée, cela signifie alors revenir sur nos pas mais par la vallée… Choix difficile… Nous jouons la carte de la prudence et décidons de retourner dans les environs de Babe.
Le lendemain, après un petit déjeuner, nous improvisons, grâce à Claire, une petite ballade dans le marché matinal de Cao Bang qui longe la rivière. Tous les regards sont rivés sur nous qui contemplons, amusés, les étals de viande au soleil, de poissons frétillants, de fruits inconnus et d’épices étonnantes… mais pas le temps de flâner, quelques mangues plus tard nous voilà à nouveau sur nos fidèles destriers pour découvrir de nouvelles routes.
Nous partions tous avec une légère déception, celle de ne pas aller dans le Ha Giang bien sûr et celle de devoir revenir en arrière un peu comme si nous venions d’échouer. Il ne nous a pas fallu énormément de kilomètre pour nous réconcilier avec notre décision. Alors que la veille nous slalomions entre ravins et montagnes, le Vietnam nous laisse nous promener aujourd’hui sur des courbes délicates perdues en fond de vallée, au beau milieu d’innombrables rizières. Plus aucun regret, rien que du bonheur.
Pas de difficultés aujourd’hui sur l’itinéraire prévu. Arrivés à Cho Ra, nous décidons de pousser un peu jusque Na Hang pour nous rapprocher davantage de Vulinh dans la province de Yen Bai où nous attend la Compagnie Bourlingue pour inaugurer la fin de la première partie des travaux d’un futur resort éco-touristique. L’atlas embarqué pour notre petite expédition s’avère à plusieurs reprises être un peu obsolète et les Vietnamiens croisés sur notre route pas vraiment d’accord sur l’emplacement des villes dans cette région. Qu’à cela ne tienne, nous continuons au gré de notre humeur, plutôt bonne puisque le soleil nous accompagne maintenant depuis 2 jours.


Nous renonçons quelques kilomètres plus loin à aller dormir à Na Hang, Cho Ra fera largement l’affaire. Nous rebroussons chemin et déchargeons nos sacs à l’hôtel après une longue et ferme négociation sur les prix des chambres. Ah ces Vietnamiens, pas faciles en affaire mais nous avons le dernier mot et avec le sourire!
Pour le repas, il est tard et le choix pour dîner n’est pas très grand : riz, riz ou riz ? Un petit tour dans le frigo avec la cuisinière et nous l’aidons à mettre au point une nouvelle recette… mi xao, trung, bo, rau relevés avec quelques échalotes. Le tout servit dans une vaisselle un peu douteuse mais bon, si on s’arrête à ça, on reste chez soi!
Demain, c’est décidé nous roulons jusque Vulinh. Claire et Elinor doivent nous quitter dans peu de temps. Un train les attend à Hanoi pour rejoindre Pékin et embarquer ensuite sur le transsibérien direction Moscow. Nous partons donc de bonne heure, nous le savons les cartes ne sont pas très fiables et c’est environ 180 km qui nous séparent de notre but. La journée s’annonce donc longue mais nous ne nous lassons pas des innombrables étendues de rizières et de plantations de thé. Quelques pauses indispensables pour fixer à jamais sur la pellicule (enfin sur la carte SD) des souvenirs de cette petite boucle dans le Nord Vietnam jusqu’à la vrai pause mécanique… il en fallait bien une autre pour que notre escapade soit parfaite. Cette fois-ci c’est plus sérieux. La Minsk ? Et non, c’est la Yamaha qui ne veut plus démarrer mais il ne s’agit ni d’une panne d’essence, ni d’un problème de bougie et il faut avouer que même si les garçons se débrouillent côté mécanique, ils sont un peu perdus. Retour chez le garagiste le plus proche mais celui-ci ne s’avère malheureusement pas plus compétent. Après quelques énervements, Grégoire décide de retourner dans la ville la plus proche seul puisque nous devons absolument accompagner les filles à Vulinh pour prendre demain matin le bus qui les ramènera à Hanoi pour la suite de leur périple. Nous recopions la carte, nous équilibrons le poids des motos et nous voilà reparti à 2 Minsk avec Elinor et Claire pour passagère.
Je n’en attendais pas tant pour ce petit test moto… qu’elle soit chargée, c’est une chose, mais avec un passager derrière en plus et des virages incessants en montée tant qu’en descente, je n’étais pas très fière de moi. Nous sortons peu à peu des montagnes et la route devient de plus en plus facile à pratiquer. Vulinh est encore loin, la panne technique nous a fait perdre du temps et nous arrivons donc de nuit juste à temps pour partager le diner avec les ouvriers du chantier et les habitants du village. Comme chaque fois nous sommes accueillis comme des rois et la soirée est bien arrosée au ruou (prononcez ZIO), l’alcool de riz local. Je ne crois pas trop m’avancer en disant que cette soirée restera mémorable pour les filles… photos à l’appui ! Elles resteront d’ailleurs une journée de plus pour aider à l’harmonie paysagère du site du resort Lavievulinh et ce n’est que le surlendemain que nous les conduirons finalement, le cœur noué, au bus qui les ramènera à Hanoi.
Plus que quelques jours avant l’arrivée des expatriés et des villageois pour l’inauguration du projet de Fredo Binh, nous mettons la main à la pâte. C’est le grand rush d’avant ouverture, avec le sourire s’ il-vous-plaît, qui nous rappelle évidemment certaines charrettes chaleureuses mais stressantes des préparatifs de la nuit de l’archi. Au final, que des bons souvenirs et quelques piqûres de plus à mon actif. Un retour sur Hanoi tout en douceur, une bonne nuit de sommeil et avec l’Hôpital Français nous organisons le bilan de nos besoins médicaux pour le projet. Quelques vaccins plus tard, nous voilà prêts à partir, sans nos motos. Eh oui… nous arriverons finalement à pied par la Chine.

 


 

 

 

 

 

 

 

 

ARCHITECTURE

De la villa coloniale à la maison sur pilotis.

Comme nous avons pu le constater en vivant au Vietnam avec nos regards déformés de jeunes architectes, et comme vous avez dû le remarquer à travers les photos et les vidéos, Hanoi est une ville éclectique. Cela peut facilement s’expliquer par son passé mouvementé ; ville impériale il y a près de 150 ans, puis ville coloniale de 1887 à 1954, Hanoi est maintenant la capitale administrative de la République Socialiste du Vietnam.
La ville impériale était formée de la citadelle fortifiée, siège du pouvoir politique et militaire, accolée à la ville marchande, zone d’activité de la population, que l’on appelle aujourd’hui quartier des corporations ou des trente six rues. Il correspond au centre historique de Hanoi, autrement dit, au vieux quartier, l’ensemble étant sur le bord du Fleuve Rouge, facilitant ainsi les échanges commerciaux sur le territoire.

- LE COMPARTIMENT
Cette ville marchande est constituée d’îlots denses créant un réseau de ruelles étroites. L’activité y est très intense la journée. Le découpage parcellaire urbain traditionnel de ces îlots est appelé parcelle chinoise ou compartiment chinois. Ainsi la surface à construire de ces îlots est découpée en bande longue (en moyenne 20m) et étroite (4 à 5m). La faible largeur de façade qu’offre ce découpage s’expliquerait par une réglementation datant de l’occupation chinoise appliquant une taxe sur la largeur des devantures commerciales qui se trouvent en rez-de-chaussée des parcelles.
Le compartiment se présente donc sous forme d’une fine bande modulable dans sa longueur selon la diversité des usagers qu’elle abrite. Traditionnellement une série de bâtiment ne dépassant pas deux niveaux remplit cette parcelle. Du fait de sa largeur et de l’absence d’ouverture sur la longueur du mitoyen, on appelle ce type d’habitation la maison tube. L’ensemble du quartier des 36 rues était très homogène : même type de construction, de gabarit, de matériaux… Aujourd’hui les procédés de construction ont changé : système poteau poutre en béton armé, remplissage brique et enduit. La forte production de brique s’explique par la présence d’un sol argileux dans la plaine alluviale du Fleuve Rouge.
Aujourd’hui la tendance à la « verticalisation » prend le dessus sur la maison tube traditionnelle pour une raison de rentabilité du sol. Les maisons font de 5 à 7 niveaux et jusqu’à 10 quand il s’agit d’un hôtel. Le paysage urbain du vieux quartier perd son unité architecturale, par l’accumulation de bâtiments en quête de nouveaux styles architecturaux.

- LA VILLA
Avec l’arrivée des Français, Hanoi connaît une phase importante de son développement urbain et architectural pendant la période coloniale. On assiste à l’extension de la ville au Sud avec la création du quartier français constitué de larges avenues haussmanniennes caractéristiques de l’urbanisme parisien de l’époque. Aussi ils y implantent des bâtiments symboliques affirmant leur pouvoir sur le territoire tels que la cathédrale St Joseph, symbole religieux et l’Opéra, symbole culturel, tous deux inspirés de l’architecture de Notre Dame et de l’Opéra Garnier en France.
Les villas coloniales témoignent d’un mélange de culture française et asiatique. Elles empruntent par exemple au style occidental l’implantation au centre de la parcelle, laissant la possibilité de créer un jardin d’agrément, tout en conservant un style oriental dans la mise en œuvre d’ornementations exotiques. C’est également un savoir-faire que rapportent les architectes colons avec notamment l’utilisation de la tuile mécanique ou bordelaise qui remplace alors la tuile canal traditionnelle d’Asie ou encore l’utilisation de la colonne style néo-classique, des plafonds moulurés, des volets ajourés, du perron d’entrée… Ces villas font maintenant partie du patrimoine architectural du Vietnam.

- LES KTT
Ou logements sociaux collectifs, ils sont construits après l’indépendance du Vietnam dans les années 70 sous influence communiste. Il s’agit de rationaliser l’habitat pour faire face à une arrivée massive de population lors de l’exode rural. Ils se présentent sous forme de barre de 5 niveaux, en moyenne, une partie du rez-de-chaussée étant parfois employée comme parking ou destinée à une zone commerciale, quand l’immeuble donne sur la rue. On peut constater une appropriation des logements par les usagers puisqu’une forme d’auto-construction apparaît sur les façades jaunes des KTT. Ces prothèses, littéralement greffées sur les logements, sont de petites extensions des habitations sur la rue. Elles permettent par exemple d’installer la cuisine « à l’extérieur » de façon à évacuer directement les odeurs et, dans tous les cas, elles permettent un léger gain de place sur la superficie des appartements. Ces habitations sont aujourd’hui de plus en plus insalubres et ne paraissent pas avoir beaucoup d’avenir malgré les études architecturales et les propositions d’amélioration et de réaffectation de ces nombreux quartiers.

- LA MAISON SUR PILOTIS
Le Vietnam est un pays essentiellement rural, sur ces 82 millions d’habitants, 80% de la population est agricole. La maison sur pilotis est l’habitat traditionnel et vernaculaire du Nord Vietnam et de l’Asie du Sud-est en général. Sa construction est basée sur une économie locale puisqu’elle utilise comme matériaux les ressources présentes dans son environnement immédiat, notamment le bois, le territoire étant couvert majoritairement de jungles denses.
La maison sur pilotis est constituée d’une structure principale de bois en portique. L’assemblage de la structure se fait par encastrement des poteaux et des poutres dans les 3 dimensions (aucun clou, aucune vis ne participent à son élaboration). Il n’y a donc pas besoin de contreventer la structure, les pannes créant la pente de la toiture ne sont en aucun cas un contreventement, elles sont juste posées sur l’ensemble rigide formé par l’assemblage des portiques.
Le cloisonnement des parois extérieures se fait par un bardage de planches de bois ou par un remplissage de nattes de feuilles de palme tressées selon les moyens financiers.
L’élévation du plancher de la maison est nécessaire pour éviter le contact avec un sol humide et parfois inondé en raison du climat tropical. C’est également indispensable pour se protéger des animaux sauvages et des insectes, ainsi que pour créer une ventilation naturelle en dessous du plancher en bambou, afin de rafraîchir la maison.
Le parquet est constitué de tiges de bambou séché et aplani reposant sur une série de voliges également en tiges de bambou. Le tout s’appuie sur les poutres de la structure porteuse. Le parquet est légèrement ajouré de manière à assurer le passage de l’air.
La toiture participe également à cette ventilation naturelle. Elle se présente en grande majorité sous la forme de 4 pans. Les 2 principaux recouvrent la maison dans sa longueur et les 2 plus petits pans, en pignon, créent une ouverture permettant la circulation de l’air à l’intérieur de l’habitation. On retrouve différents types de couverture, en feuilles de palme nouées, en tuiles soit traditionnelles soit mécaniques ou encore en tôle. On assiste parfois à un mixte de ces diverses techniques mais dans tous les cas, la couverture repose toujours sur un lattage en bambou.
L’ensemble de la maison se pose sur un soubassement en pierre créant une assise sur la pente. On y trouve en général un lieu de stockage ou l’étable ou, aujourd’hui, le parking des motos. C’est par cet espace qu’on accède à l’escalier de la maison qui amène au palier d’entrée ou à la coursive qui dessert les espaces intérieurs de l’habitat. Les maisons les plus simples ne possèdent qu’une pièce principale. C’est une vision d’ensemble étonnante qui apparait quand on entre dans l’habitation ; un plancher ajouré, presque transparent, percé par d’élégants poteaux en bois soutenant une charpente massive et majestueuse imposant le savoir-faire des charpentiers vietnamiens. On y retrouve à la fois le foyer, qui sert à la cuisine et au chauffage de la maison en hiver, les espaces de nuit et le lieu des rencontres festives où l’on mange et l’on danse. Comme le dit Fredo Binh « Ce soir, on a mangé sur la table, on danse sur la table et on va dormir sur la table ! ».

 

 




KAZAKHSTAN

08:21, 2/07/2012 .. Publié dans SUR LA ROUTE .. Lien

Kazakhstan, « première ».
C’est d’abord à pied que nous nous éloignons doucement de la frontière sino-kazakhe, fuyant les bousculades, les cris et les engueulades du passage à la vérification des bagages. Nous découvrons rapidement le système, très pratique, des taxis kazakhes. Ici pas besoin de détenir la fameuse « enseigne lumineuse jaune » , tout le monde peut s’improviser taxi. L’auto-stop n’est plus de rigueur, au Kazakhstan, tout se paye. Nous nous endormons après une centaine de bornes à Sonji dans la petite auberge de ce petit bled où nous apprendrons nos rudiments russes. Minia zavout Constance. Pas moins de 4 000 Tenge soit 20 usd… urgl !Nous nous serons la ceinture… qu’est ce que ça va être à Almaty…
Nous ressentons toujours la même frustration à bord des bus qui nous amènent doucement jusqu’à l’ultime étape: la récupération de nos motos en Ouzbékistan ! Les paysages sont désertiques, parfois comparables aux canyons des décors américains , les indiens en moins. Une habitation ça et là plonge nos esprits dans une solitude mélancolique… Seuls les innombrables trous de la route endommagée nous arrachent à ce spectacle.
Encore quelques heures et nous voilà largués à la station de bus d’Almaty. 2 ou 3 coups de fil et une bière plus tard nous voilà hébergés grâce à la « couchsurfing communauty », de quoi éviter de grosses dépenses et faire de sympathiques rencontres.
Nous sommes accueillis par Abraham et Solomyia, un américain et une ukrainienne, colocataires, expatriés au Kazakhstan. Lui est un grand sportif voyageur, bougeant de pays en pays, il se débrouille côté russe et est amoureux de l’Asie Centrale. Il est d’ailleurs en train de préparer un prochain voyage de 5 mois à vélo à travers les « stans ». Elle est graphiste à la recherche de clients potentiels qui auraient besoin de ses talents de peintre. Nous restons 3 nuits chez eux comme si nous étions chez nous puisqu’ils nous confient le double des clés de leur petit appartement. Nous apprécions cette confiance alors que nous nous connaissons à peine. C’est chez Ilias que nous passerons les dernières nuits à Almaty, puisque Solomyia et Abraham doivent héberger d’autres voyageurs de passage. Ilias est Kazakhe mais a vécu 7 ans aux USA, ce qui explique la perfection de son anglais. Il travaille depuis peu dans une entreprise d’investissement qui lui prend le plus clair de son temps. Même état d’esprit, Ilias nous fait rapidement le double des clés de son appartement.
Pendant ces quelques jours à Almaty, nous airons dans la ville en attendant avec impatience le 24 juin, date d’autorisation d’entrée sur le territoire ouzbèke. Nous prenons les renseignements nécessaires à l’obtention de nos derniers visas, mais les maigres horaires d’ouverture de l’Ambassade de Russie nous obligent à les faire plus tard à Tachkent. Nous prenons tout de même le temps de visiter l’ex capitale du Kazakhstan.
Almaty a été une ville importante du territoire soviétique ; son urbanisme, son architecture nous le montrent bien. Le centre ville est essentiellement constitué de barres de logements collectifs aux façades vieillissantes et au look communiste. Si on s’attarde sur tous ces bâtiments, on se heurte à une architecture massive et repoussante. Mais Almaty a l'avantage de bénéficier de nombreux parcs et d’un nombre ahurissant d’arbres, partout dans la ville. Dans les avenues, on en observe parfois jusqu’à 4 rangés cachant alors littéralement les façades. Les rues sont de ce fait constamment baignées d’ombres et la chaleur de ce début d’été devient supportable.
Le dimanche, le besoin d’une petite sortie hors d’Almaty se fait tout de même ressentir. Nous partons nous balader en montagne accompagnés de nos premiers hôtes, Abraham et Solomyia. Sur le chemin, beaucoup de Kazakhes en weekend ont eux aussi fait le déplacement et s’ajoutent au décor. Des yourtes pour touristes sont les attractions de l’endroit : barbecue de mouton en famille, pique-nique le long de la rivière, déchets un peu partout, ils n’ont pas la même conception de la sortie nature que nous !
Le moment de partir arrive et nous sommes impatients de rejoindre Tachkent pour récupérer dans quelques jours nos motos. Nous prenons un bus de nuit qui nous amènera jusqu’à la frontière ouzbèke, un peu redoutée. En effet, d’après nos lectures, les douaniers sont très curieux et les check point, à l’intérieur du pays, assez fréquents… A notre grande surprise, la seule difficulté du passage de frontière sera de remplir correctement les formulaires d’entrées dans le pays puisque ces derniers sont en russe ! Pas la peine de se décourager, les douaniers finiront gentiment par nous les compléter.
Dernière traversée de frontière à pied, si tout va bien la prochaine est en moto…

Kazakhstan, « deuxième ».
Aucun problème donc, nous vous le disions, pour ce premier passage de douane tant redouté à dos de Minsk. En quittant l’Ouzbékistan, nous quittions aussi pour quelques (trop) long 250 kilomètres, les routes bitumées pour emprunter des pistes moins confortables jusque Benyu, unique ville digne de ce nom avant de rejoindre l’Europe géographique dans 2 ou 3 jours. On nous avait pourtant prévenu… Les routes du Kazakhstan sont un cauchemar tant pour le moral que pour nos montures. Moment difficile! Sous nos roues, d’innombrables cailloux recouvrent un sable fin et rendent la conduite des motos un temps soit peu délicate et quand la situation semble s’améliorer, ce sont nos bras (et nos fesses) qui dégustent secoués par d’interminables petites vagues transversales… Quant au paysage, ils sont sensiblement les mêmes qu’en Ouzbékistan mais de nouveaux compagnons très « couleur locale » se joignent au voyage, dromadaires et chameaux nous ouvrent la route. Les déserts se transforment peu à peu en steppes mais il nous tarde de rejoindre les plaines agricoles russes et de retrouver un peu de fraîcheur après ce mois aride. Pour ma part cette dernière traversée de désert est d’autant plus douloureuse que je ne suis toujours pas guérie… Nous attendons de rallier Atyrau pour consulter un médecin et s’octroyer une pause de quelques jours.
Atyrau est une ville sans grand intérêt architectural ou historique. Sa principale caractéristique est qu’elle est divisée en deux zones géographiques par l’Oural: l’Asie à l’Est et l’Europe à l’Ouest.  Pour fêter notre arriver en Europe, nous troquerons la traditionnelle chachlik kazakhe (brochette de mouton au barbecue, c’est délicieux mais on n'en peut plus) contre une bonne pizza et un coca.
Malgré nos efforts nous ne verrons pas la mer Caspienne et nous nous éloignons donc vers la Russie avec un léger regret. Dernière ligne droite… Nous aurons croisé 4 motards sur ces chemins désertiques. Deux polonais qui rejoignaient le Pamir sur leur Africa Twin, un Roumain solitaire sur son Aprilia qui roulait direction Atyrau et une Roumaine également seule qui elle nous a doublés sur sa GS650. Au passage elle nous conseille un itinéraire sympathique pour rejoindre l’Ukraine: un petit détour par la République de Crimée pour savourer quelques routes sinueuses et décors balnéaires… A défaut de la mer Caspienne, nous nous baignerons peut être dans la mer Noire!
Premier aperçu de la Russie… en taxi! Pour pouvoir entrer dans le pays avec son véhicule, il est nécessaire d’acheter une assurance russe aux douaniers, malheureusement pour nous, nous n’aurons pas prévu assez d’argent. Nous voilà donc priés d’aller retirer des roubles dans la ville la plus proche soit à 20 kms de là… Nous nous exécutons. Ce léger contre temps sera le seul désagrément pour notre entrée en Russie. Est-ce la popularité de la Minsk, nos bonnes têtes ou notre odeur qui nous aident à passer les frontières et les check points?? Nous ne saurons peut être jamais, mais ça marche…




CHINE

08:12, 2/07/2012 .. Publié dans SUR LA ROUTE .. Lien

La Chine se traversera donc, mais rapidement. Nos demandes d’autorisations spéciales pour circuler sur le territoire avec nos 2 engins ont été refusées à plusieurs reprises, en grande partie en raison des mesures draconiennes mises en place à l’occasion des J.O. de Beijing. Nous avons finalement obtenu les « certificates of registration » au nom de Thomas ainsi que les fameuses plaques d’immatriculations NN réservées aux étrangers résidant au Vietnam. Cela ne fut pas de tout repos; l’administration vietnamienne ne semble pas échapper aux règles d’usages: déambulation de bureaux en bureaux, horaires modulables selon l’humeur, perte de dossier, … un seul mot d’ordre, la patience! A tout ça s’ajoute un tragique événement, le 12 mai dernier, la Chine est frappée par un énorme tremblement de terre!
Nous ne nous décourageons pas, même quand la compagnie de transport, qui s’occupe d’envoyer nos motos au Kazakhstan, nous annonce que la ligne Hanoi – Almaty a été récemment fermée en raison d’un manque de fréquentation… Notre « dead line » est le 8 juin, date à laquelle nos visas chinois ne nous permettent plus de rentrer en Chine. Mais grâce à nos petits bouddhas de jade offerts par nos préparateurs et hôtes au Vietnam, la chance nous sourit.
18h05 le vendredi 6 juin, nous voilà surexcités en gare d’Hanoi à bord du train T876 qui nous emmènera dans quelques minutes vers la Chine. Tout est (presque) bouclé, nous ne réalisons pas encore mais le projet Antre Soie commence ici.

Hanoi – Nanning

Nous partageons notre compartiment couchette avec une vietnamienne discrète. Le train traverse doucement la ville et nous lui faisons silencieusement nos adieux. La nuit tombe doucement et à notre tour nous tombons d’épuisement… mais le sommeil sera de courte durée, au programme cette nuit: changement de frontière! Un arrêt dans la campagne vietnamienne pour la sortie et une petite fouille chinoise dans les règles de l’art dans le train suivant. Ça y est nous sommes en Chine!

Nanning – Zhengzhou

Une trentaine d’heures nous séparent de notre prochaine destination, de quoi apprécier le paysage. D’immenses plaines verdoyantes ponctuées de karsts… A première vue, il ne parait pas très différent de celui découvert dans le Nord Vietnam mais en y regardant de plus près (et oui, 30 heures de routes), nous quittons pour de bon les montagnes et leurs rizières en gradin, les cultures s’étendent ici à perte de vue. C’est ce changement de plantations qui fait également varier le décor, au riz et au maïs s’ajoutent progressivement des forêts d’eucalyptus bien ordonnées. Quelques villages rythment discrètement ce paysage, que du sobre. Des maisons en terre ou en briques, un toit plat ou à pan en tuiles et parfois une touche de folie, un revêtement de carrelage blanc pour la façade principale.
A l’approche de chaque ville, des barres de logements collectifs se dressent en guise d’accueil. Du gris, du gris, du gris, rien pour égayer ce triste spectacle. Adieu les couleurs du Vietnam et les petites motos aussi… Le trafic semble redevenu commun, ici la voiture est reine. Le vélo traditionnel a toujours sa place mais il est devenu électrique.
Arrivée à Zhengzhou 6h du matin, dur, dur. La gare trône sur une immense esplanade, nous n’avions plus l’habitude, au Vietnam l’espace public minéral existe peu. La première impression, ce n’est pas toujours la bonne, n’est pas très flatteuse: ça ne sent pas très bon, des clochards fouillent les poubelles, les bâtiments environnants sont disproportionnés et semblent se battre entre eux pour trouver un peu de place, des panneaux publicitaires défigurent les façades, …
Nous prenons rapidement, mais pas sans difficulté nos tickets de train pour notre prochaine destination, pas trop envie de s’attarder. Nous laissons tout de même une chance à cette ville et décidons de s’y aventurer davantage. Mauvaise idée, nous restons sur notre première impression! Le centre ville est en réalité un « subtil » mélange entre un centre commercial extérieur et une discothèque géante. Ouf, il est l’heure de reprendre le train!

Zhengzhou – Lanzhou

J’ai eu la bonne idée de réserver des places assises, on le regrettera vite mais l’heure est à l’économie. Nous voilà embarqués pour 16 heures de train sur une petite banquette au milieu des chinois ahuris de nous rencontrer ici. Les questions fusent, nous ne comprenons pas grand-chose et les sourires prennent vite le dessus sur les longs discours. Seul avantage: les fenêtres sont ouvertes faute de climatisation et le rapport au paysage n’en est que plus direct.
Nous nous éloignons des plaines vertes de la Chine orientale pour rejoindre les montagnes de terre de l’Ouest. Les alentours deviennent peu à peu poussiéreux et les couleurs virent à l’ocre. Les rizières disparaissent et viennent alors s’ajouter au décor la texture des champs de blé. Le temps est à la moisson. Les rares acteurs du défilé s’activent sur les toits plats de leurs modestes habitations de briques, ils étalent les grains récoltés afin qu’ils sèchent sous le soleil pesant. Nous voyageons un peu plus vers les grands déserts de Chine, l’air est de plus en plus sec et nous apporte délicatement leur sable sur la peau. Le sommeil et le froid nous gagnent progressivement, le jour s’est couché, le spectacle est terminé, la nuit promet d’être longue…
Notre hôtel à Lanzhou est tout près de la gare, tout au fond d’une ruelle encombrée de marchands en tout genre… Les tours sont toujours omniprésentes mais l’âme de ce quartier est à une tout autre échelle.
Une bonne douche, quelques lessives (et oui déjà!) et une petite sieste plus tard, nous partons optimistes à la rencontre de Lanzhou. Au repas: nouilles et légumes dans un bouillon légèrement pimenté, un régal… Nous passons notre après-midi dans un havre de paix séparé de la jungle urbaine par un fleuve agité. La Pagode Blanche est comme son nom ne l’indique pas une multitude de pagodes et de temples accrochés à la montagne entre lesquels sont parsemés de petits parcs silencieux à l’abri des arbres, le tout orchestré par d’innombrables escaliers labyrinthiques.
Lanzhou est un passage obligé à la croisée de plusieurs chemins mythiques emmenant les voyageurs vers Lhassa, ville brassant toutes les ethnies du Tibet et de l’Asie du Sud-ouest, Kashgar, ville frontière entre le Kirghizstan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan, l’Afghanistan et le Pakistan, et Urumqi, à la porte du Kazakhstan par là où nous nous évaderons dans quelques jours. Autour de la gare, les quartiers sont colorés, on y croisent des Tibétains identifiables à leurs traits plus marqués et à leur peau légèrement foncée et la communauté musulmane très présente dans les régions de l’ouest.

Lanzhou – Urumqi

16h01, nous remontons dans le train pour une nouvelle destination plus à l’Ouest encore à quelques heures de la frontière du Kazakhstan. Les nez scotchés à la fenêtre nous nous ébahissons à la vue de tels paysages… Nous sommes au beau milieu d’un désert gigantesque où seuls quelques oasis de verdure redonnent la mesure à l’infinie de cette étendue ocre. Au loin se dressent des géants métalliques aux bras agités, nous nous rapprochons d’un champ d’éoliennes au centre de nulle part… Les Chinois nous surprennent. Nous avions également remarqué, sur les toitures des logements collectifs sociaux à l’entrée des villes, la présence de tubes solaires multicolores munis de leur réserve d’eau afin d’alimenter individuellement les appartements. Impressionnant!
Comme les voyages sont toujours agrémentés de belles rencontres, nous nous lions d’amitié avec le seul Chinois du train qui parle anglais, c’est plus facile! Heaven, traduction littérale de son prénom chinois en anglais, nous propose de l’accompagner jusque la petite ville de Yining (juste 300 000 habitants), un peu plus à l’ouest encore, où il va rendre visite à un ami… Il nous promet que les montagnes environnantes sont mille fois plus intéressantes que la ville de Urumqi. Il ne nous en faut pas plus pour nous convaincre: visite expresse de Urumqi, repas local et nous sommes dans le bus couchettes direction Yining!

Urumqi – Yining

Nous sommes aussitôt pris en charge par WuJun, l’ami de Heaven, qui nous propose de s’installer chez lui durant nos quelques jours dans sa ville. Ce sympathique juge s’improvise une journée comme guide et nous fait visiter à bord de sa voiture de fonction, en réalité une voiture de police avec chauffeur en uniforme, les monuments religieux et historiques de la ville. Le soir, c’est avec tous ses collègues que nous découvrons, dans un restaurant très réputé, le folklore des danses Kazakhe, Ouzbèke, Mongole et j’en passe. Nous goutons également à l’alcool de blé, le vin local (personne n’a oublié de ramener sa bouteille), qui n’a rien à envier à l’alcool de riz vietnamien.
Le lendemain, Heaven et WuJun nous abandonnent pour 2 jours, quant à nous, nous partons découvrir le lac de Salimoun perché dans les montagnes au nord de la ville. Au programme, des paysages aux ressemblances trompeuses avec la Suisse ; sapins, lacs, montagnes et vaches, seuls les yourtes nous rappellent bien que nous sommes au beau milieu de l’Asie centrale, et ballade à cheval avec les Chinois Mongols.

Yining – frontière kazakhe

Il est temps pour nous de faire le bilan de notre passage en Chine... Yining est à 2 heures de la frontière kazakhe, Heaven nous accompagne jusqu’au bout, il s’assurera même que nous passons bien la frontière sans encombre. C’est une nouvelle rencontre surprenante que nous faisons alors que nous quittons avec regret nos amis Chinois. La Fédération Française de Cyclo Tourisme et ses 100 cyclistes sont eux aussi à la frontière, mais de l’autre côté. Quelques poignets de mains sympathiques et des récits à n’en plus finir, voilà déjà 3 mois que ces courageux sportifs pédalent depuis Paris et ils rejoindront dans un mois la capitale Chinoise. Nous prenons le temps d’échanger certaines informations sur les itinéraires à suivre et nous voilà repartis pour la suite de l’aventure en terre Kazakhe.

 

 

 

 

 

habitats collectifs et individuels

C’est avec beaucoup de frustrations que nous regardons par la fenêtre du train les habitats que nous aurions pu découvrir davantage si nous étions en moto. Les images défilent, nous passons des plaines agricoles parsemées de karsts (bloc rocheux ciselé par l’érosion) aux vallées irriguées entourées de montagnes de terre, des déserts de sable et de cailloux aux plateaux de pâturages vallonnés. Au milieu de ces paysages impressionnants, nous ne pouvons ignorer la présence d’architectures vernaculaires. Les villages ruraux, construits de manière traditionnelle, sont un parfait exemple d’habitations en relation avec leur environnement. Nous parlerons des deux types d’habitat traditionnel qui nous ont marqués : la fermette de terre et la yourte. Cependant les Chinois nous ont également montré comme ils peuvent être accueillants. C’est ainsi que même en ville nous avons pu éviter les hôtels et apprécier durant quelques jours la vie dans un type d’habitat symbolique d’une politique communiste: la barre de logements collectifs « à la chinoise ». Grace à Heaven et WuJun, nous avons découvert une certaine authenticité urbaine, impossible sans les rencontres et le partage.

La fermette en terre.
Il y a surement plusieurs typologies d’architectures de terre en Chine. Mais celle qui nous a paru être comme la plus répandue sur le long de notre trajet est cette petite habitation agricole. Elles sont accolées les unes aux autres pour former un village dense desservi par d’étroites ruelles. Sur une parcelle rectangulaire d’environ 150 m², la fermette est constituée d’une cour limitée d’une part par l’habitation et les réserves de plein pied et d’une autre par un mur d’enceinte de 3 m de hauteur en adobe de terre. Ces murs porteurs atteignent donc une certaine épaisseur permettant une isolation confortable qui rafraichit l’intérieur de l’habitat en été. Il n’y a aucune ouverture sur la périphérie, mis à par la porte d’entrée qui donne sur la cour. Les seules ouvertures des bâtiments sont réduites étant donné le climat généralement aride de ces régions. La toiture plate repose sur une structure de bois posée à même les murs de terre recouverte aujourd’hui d’une étanchéité et d’une couche de terre battue. On observe, pour l’évacuation des eaux, une pente légère mais suffisante en raison encore une fois du climat sec et continental. En cette période de moisson, nous voyons s’affairer les hommes sur ces toitures, utilisées pour faire sécher le grain.
L’emploi de la terre comme matériaux de construction est avant tout économique pour une population au mode de vie simple mais également une façon d’habiter écologique et durable, à condition d’avoir une bonne connaissance de la mise en œuvre.

La yourte.
Ce type d’architecture existe en réponse à des besoins particuliers recherchés par les peuples nomades: facilité du transport des matériaux et rapidité de construction.
A l’origine, la structure de la yourte est en treillis de bois dépliable mais, dans les habitations visitées, nous avons bizarrement constaté que celle-ci était en métal. Aujourd’hui les hommes ne vivent plus en nomades, ils se sédentarisent. Les savoir-faire s’oublient et les modes de production moderne proposent sur le même modèle de l’ancienne yourte un système de montage plus simple, par emboitement de tube d’acier et de pièces préfabriquées. La yourte en structure métal est plus économique, elle ne demande pas de maîtrise artisanale, plus rare de nos jours et donc plus chère.
Cette technique ne nécessite pas l’emploi d’un pilier central pour maintenir la toiture, ce qui constitue un confort d’aménagement supplémentaire. Au sommet de la yourte, se trouve une pièce essentielle à la stabilité de la structure. Il s’agit d’un anneau, véritable clé de voute, où chaque chevron de la charpente s’emboite. Nous trouvons donc une ouverture zénithale circulaire qui se couvre ou se découvre pour les besoins de la ventilation, notamment quand on cuisine à l’intérieur. On se protège de l’humidité du sol en installant un plancher en palette de bois. L’ensemble de la structure est recouvert de peaux, de tissus ou de feutres. La meilleure solution étant la peau car, par accumulation de couches, elle permet une relative isolation. Il est certain que la vie de nomade est simple, le confort que la yourte peut offrir aux hommes qui y habitent est sommaire.
Quoi qu’il en soit, qu’elle soit en bois ou en métal, la yourte n’a aucun impact sur son environnement, elle se démonte sans laisser aucune trace: ni fondation, ni déchet ne sont laissés sur place.

Les logements sociaux collectifs.
A première vue, la recherche d’esthétisme n’est pas la priorité dans la conception de ces logements. On retrouve les mêmes partout en Chine, que ce soit en périphérie ou en centre ville. Ils se doivent d’être fonctionnels, le design, les matériaux, les proportions ne sont pas à l’ordre du jour. Les façades sont simples, épurées et carrelées. Ce revêtement, généralement blanc, protège la façade des intempéries et de la chaleur du soleil et demande très peu d’entretien.
A l’intérieur, chaque circulation verticale possède sa propre entrée sur un parc ou sur la rue et dessert deux appartements jumeaux à chaque étage. Ni coursive, ni couloir, les portes s’ouvrent directement sur le palier des escaliers éclairés naturellement en façade.
L’appartement type est traversant et donc très lumineux. Toutes les pièces sont organisées autour d’une généreuse entrée. Le séjour bénéficie d’un « bow-window » qui joue le rôle de tampon thermique entre l’extérieur et l’intérieur, il permet également un apport de lumière important dans la pièce de vie. Il est utilisé par les habitants comme jardin d’hiver pour les plantes ou comme buanderie ou parfois comme cuisine pour une meilleure évacuation des odeurs. Les ouvertures du séjour et des chambres sont des doubles fenêtres espacées entre elles d’une lame d’air d’environ 10cm permettant un isolement confortable en été comme en hiver. En réalité ce système correspond simplement à notre double vitrage en plus artisanal et plus économique pour des logements sociaux.
Pour l’anecdote, un petit arrêt sur la salle de bain: elle est carrelée du sol au plafond et ne possède qu’un lavabo et un pommeau de douche. On se lave directement sur le sol et l’eau s’évacue par un siphon central. Là encore on observe un strict minimum fonctionnel. L’eau chaude de la salle de bain est produite grâce à des tubes solaires placés en toiture, ils peuvent chauffer jusque 90°. Cette solution écologique est surprenante parce que très répandue en Chine, dans les quartiers les plus pauvres comme à la campagne, mais également très adaptée au climat chaud et sec des étés chinois.
L’appartement dans lequel nous avons habité quelques jours fait partie d’un parc de logements appartenant au gouvernement, nous imaginons donc que toutes les habitations sociales urbaines ne sont pas du même standing. Toutefois, l’emploi du bow-window et de la double fenêtre est largement utilisé dans ce type de logement.




itineraire in LIVE

08:53, 28/10/2007 .. Publié dans LA CARTE de l itineraire .. Lien



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ANTRE SOIE sur une carte plus grande




TOUR TET avec la COMPAGNIE BOURLINGUE

08:34, 28/07/2007 .. Publié dans Preparation .. Lien

Petit entrainement en Minsk avec la COMPAGNIE BOURLINGUE, partenaire dans le projet ANTRE SOIE

 
 



Une grande question, le logement

08:54, 28/05/2007 .. Publié dans Preparation .. Lien
La question du logement est un theme d actualite. il pose et posera toujours de nombreux problemes. nous savons que pour certains, il est une bataille quotidienne. Nous sommes architectes et cette question est chaque jour au coeur de notre reflexion. C'est par envie de poser le probleme d une autre maniere et par passion du voyage et de rencontres, que nous nous preparons a realiser le projet ANTRE SOIE.



Le projet ANTRE SOIE

08:50, 28/05/2007 .. Publié dans Preparation .. Lien

Nous sommes deux architectes francais, Constance et Thomas, débarqués à Hanoi, au Vietnam, depuis quelques mois. Après nos contrats de travail, nous projetons de réaliser le projet ANTRE SOIE, que nous préparons déjà depuis plusieurs mois. Il s’agirait pour nous de revenir en France en 2008 par le continent en moto.

Le fil conducteur de ce périple est la découverte de l’habitat à travers le regard des populations.

L’objectif est de partager tout au long du voyage, mais aussi à notre retour, sur le rapport de l’hbitat à la population et à son environnement.

La durée de cette aventure est de 5 mois. Nous prévoyons de quitter hanoi fin janvier 2008 pour rejoindre Lille dans le courant du mois de juin 2008.

Nous traverserons: le Vietnam, la Chine, le Kirghizistan, l’Ouzbékistan, le Kazakhstan, la Russie, l’Ukraine, la Moldavie, la Roumanie, la Hongrie, l’Autriche, l’Allemagne et la France.

Nombre de km : environ 15 000 …

Notre budget total est de 27 300 euros.

 

 

LES VOYAGEURS////////////

 

 

> Constance FERACCI, 24 ans

Attirée depuis l’enfance par le journalisme et le dessin, elle s’oriente, après un baccalauréat ES, dans des études d’architecture. C’est finalement son besoin de créativité: elle passe son diplôme d’architecte DESL en 2006 et essaye pour son mémoire de fin d’études d’entremêler ses deux envies. « Le logement, pensé par l’architecte, vécu par l’habitant » se base sur une série d’interviews de locataires d’un immeuble collectif à Paris. La perception de l’architecture par le public est le thème central de ce projet qui compare donc le ressentit des habitants avec les intentions de conception de l’architecte.

Elle voyage à titre personnel en Italie, dans la région des Pouilles, au Canada et au Mexique, mais c’est d’abord avec l’école qu’elle découvre le voyage à la rencontre de l’architecture et comme il est enrichissant d’aller voir ailleurs ce qui se fait dans ce domaine.

C’est aussi avec Thomas qu’elle prend le goût du nomadisme, qu’elle apprécie l’autostop, cette façon de bouger constamment au contact des autres.

Elle envisage d’aller à la rencontre de l’Australie, mais c’est dans un premier temps au Vietnam qu’elle part vivre pour quelques mois avec lui. C’est là que naît le projet ANTRE SOIE en attendant les autres…
> Divers:

-langues: anglais courant

allemand scolaire

-sports: voile, randonnée, ski alpin, vtt

-loisirs: lecture, dessin, cinéma, photo, voyage, …


> Thomas POLLET, 27 ans

Bercé par le monde agricole, il vit depuis tout petit à la campagne où il apprend vite à se débrouiller avec ses mains et sa tête…

Il découvre la montagne avec sa mère et très vite il prend son sac à dos et y part plusieurs jours en randonnée poussés par son envie d’aventure.

Décidé de réussir ses études, il choisit l’architecture par envie de créer des « choses » concrètes pour la société. Il passe son diplôme en 2005 en présentant son mémoire sur le thème: La campagne est-elle au service de la ville; place et rôle du monde rural dans le développement urbain.

Malgré le suivit sérieux de ses études, il n’arrête jamais de vouloir bouger et chaque vacances s’annonçant, il reprend son sac à dos pour traverser la France et l’Europe en stop, à pied, ou en moto, souvent sur une thématique de découverte architecturale: Compiegne-Chamonix 500km à pied, 300 km en stop; les églises romanes en Auvergnes et Bourgogne; l’architecture Italienne de Toscane jusqu'à Rome; la découverte de l’histoire architecturale de Barcelone; le tour de l’Irlande du Sud; …

Mais cette passion, ce besoin de liberté, n’étant pas rassasié, c’est le monde qui sera maintenant son terrain de jeu.

Arrivé à Hanoi au Vietnam, après un an et demi d’expérience du métier d’architecte en France, c’est tout naturellement qu’avec Constance il se lance dans le projet ANTRE SOIE, toujours avec l’objectif de continuer à découvrir le monde, ses habitants et leur architecture.
> Divers:

-langues: anglais parlé et écrit

allemand scolaire

-sport: randonnée, natation, vtt, ski alpin, escalade

-loisirs: lecture, dessins, voyage, ...

 

 

 

POURQUOI?////////////

a/ les origines du projet:
Poussés par notre envie de travailler à l’étranger, pour découvrir d’autres cultures et enrichir à travers elles notre connaissance du monde, nous avons atterrit à Hanoi au Vietman il y a quelques mois.

La motivation, qui nous a amené jusqu’en Asie, nous voulons la faire grandir pour découvrir notre métier d’architecte ailleurs dans le monde et pour nous pousser à la concrétisation d’un projet de vie autour du voyage. Ainsi il nous est apparu évident de revenir en France – avant de repartir à l’étranger – par le continent.

b/ le projet:
Relier Hanoi à Lille en Minsk, par l’Asie centrale et l’Europe de l’Est, à la découverte des habitats à travers le regard des populations.
Notre projet doit avant tout se nourrir de rencontres spontanés avec les habitants pour ne pas laisser notre « regard professionnel » prendre le dessus. C’est notamment à travers le regard des enfants et grace à un moyen de communication universel, le dessin, que nous envisageons de faire progresser notre aventure au fil de l’habitat traditionnel. Nous avons remarqué au cours de nos différents déplacements au Vietnam, et ailleurs dans le monde, la curiosité des enfants face à un crayon, un appareil photo ou une camera.
Ensuite, dans un deuxième temps, un échange avec des architectes locaux nous apportera une dimension plus théorique, nécéssaire à une meilleure compréhension de ce que nous vivrons sur le terrain. Il sera intéressant de comprendre comment l’habitat se marie avec son environnement, sa relation au climat, quels matériaux sont employés, quelle est l’organisation spatiale de la maison,...
Enfin, il est évident que c’est également notre curiosité et notre simple envie de voyager qui nous amènent aujourd’hui à penser différemment la suite de notre vie. Ce projet se veut le premier pas, le premier élan vers la réalisation de nos rêves d’ailleurs, de paysages, de rencontres. Et c’est à travers certaines lectures d’écrivains voyageurs que ces rêves nous semblent réalisables.



c/ les objectifs:
Ce voyage n’a pas pour but de rasasier notre envie de grand air ni notre soif d’architecture. Ce voyage demande à etre partager. Nous voulons découvrir et faire découvrir comment nos voisins d’Europe et d'Asie Centrale habitent.
Le logement a posé, pose et posera longtemps de nombreuses questions… Si, avec le décés de l’Abbé Pierre en janvier dernier, les médias ont remis sur le devant de la scène ce sujet, nous savons qu’il est pour certains une bataille quotidienne. Aujourd’hui nous nous proposons de questionner l’habitat. Nous nous interrogeons sur sa signification à travers le monde, son role pour les différentes populations, son rapport à la famille…
Dans la campagne du Nord du Vietnam, « nhà
tôi » signifie la maison, le foyer et est également le surnom utilisé par un mari pour appeler sa femme.
Il nous apparait important que cette aventure soit un moyen de transmettre aux jeunes et aux moins jeunes des moyens d’habiter vernaculaires et écologiques simples, des techniques de constructions, apllicables par tous. Le partage de ce projet se fera par la sensibilisation du public à une autre facon d’habiter respectueuses de l’environnement.
Mais partager notre expérience signifie aussi encourager d’autres à réaliser leur projet. Comme nous avons nous aussi bénéficier des conseils avertis d’autres voyageurs motivés par le biais notamment de leurs sites Internet.

 

COMMENT?////////////

a/avant: la préparation
Ce projet n’est pas une petite ballade, il demande qu’on s’investisse pleinement dans sa préparation ne laissant rien au hasard que les rencontres. L’itinéraire, le planning, les visas et règlements administratifs, le budget, la logistique sont étudiés précisément.

> l’itinéraire et les plannings:

Tout d’abord quelles routes choisir pour revenir jusqu’en France? Deux choix évidents s’offraient alors à nous: prendre la route du Sud, de la chaîne Himalayenne, ou emprunter celle du Nord.

Nous avons finalement choisi de mener notre périple sur les routes du Nord pour plusieurs raisons:
La première est une raison personnel; l’envie de découvrir l’Asie Centrale, partie du monde éloignée des zones d’activités et de grandes populations, avec ces hauts plateaux, ces paysages très diversifies et ses populations typiques.

La deuxième raison est d’ordre administratif; il se trouve en effet qu’il y a moins de pays à traverser vers le Nord ce qui facilitera grandement les démarches administratives et nous évitera nombre de transits maritimes.

Enfin c’est la sécurité qui nous pousse vers le Nord. En effet, au Sud nous devrions traverser le Moyen Orient, zone sensible de nos jours, ou, pour le contourner, franchir la chaîne de l’Himalaya ce qui ne nous semble pas très raisonnable.
Notre parcours sera donc le suivant: Depart du Vietnam (Hanoi), puis la Chine, le Kirghizistan, l’Ouzbékistan, le Kazakhstan, la Russie, l’Ukraine, la Moldavie, la Roumanie, et l’Europe de l’Est avant notre arrivée en France vers le moi de Juin 2008. Ce qui correspondrait à la route de la soie dans ses grandes largeurs.

 


 

Il est bien entendu qu’au jour d’aujourd’hui ce parcours est provisoire. Il doit s’affiner durant toute la période précédant notre départ au fil des contacts supplémentaires que nous allons continuer à établir. Une ville sera alors davantage privilégiée qu’une autre en fonction des rendez-vous fixés dans ces prochains mois.
Aussi selon le respect du timing, nous nous laissons la liberté, sur la fin du voyage, de rejoindre la France par le Sud. Si le temps venait au contraire à nous manquer, nous tracerons le chemin le plus direct jusque Lille, à partir de la Roumanie.

 

 


 

 

> le moyen de transport: la Minsk:

La Minsk est une moto 125 CC fabriquée en Biélorussie dans la ville qui porte le même nom. Elle a été largement diffusée dans toute l’Asie Centrale et du Sud-est pendant la période communiste du 20ème siècle. Elle est aujourd’hui encore utilisée comme outil agricole dans les campagnes: maniable dans tous les chemins, dans la montagne, ce deux temps à la mécanique rustique se répare facilement même par les plus novices d’entre nous. Avec un bon choix de pièces de rechange dans nos bagages, et avec toutes les astuces découvertes lors de notre séjour à Hanoi, une panne ou la moindre casse sera réparable par nos propres soins ou sera l’occasion de rencontres bienvenues.

 

 

Car c’est bien là aussi le sens du choix de la moto comme moyen de transport: symbole de liberté... Pour avoir vécu l’expérience de quelques ballades au Vietnam, on peut dire que la moto suscite un intérêt particulier chez les enfants parce qu’elle véhicule l’image de l’aventure, et d’autant plus chargée de bagages et conduite par des étrangers.



Avant le départ, une préparation mécanique des motos est indispensable pour nous assurer un minimum de confort... au début tout du moins! préparation mécanique, achat pièces de rechange, contact avec le Minsk Club de chaque pays, apprentissage de la mécanique chez Cuong, discussions avec Fredo ( Bourlingue Compagnie) voyageur moto expérimenté.

> les formalités administratives:

Traverser le continent, c’est aussi franchir des frontières, se confronter aux règles de chaque pays, se déclarer aux douanes…

Pour organiser tout ça, notre démarche a été dans un premier temps de contacter les Ambassades Françaises de chacun des pays à parcourir ainsi que les Ambassades des différents pays en France pour récolter un maximum d’information.
Nous prendrons tous les visas nécessaires dans la mesure du possible avant le départ. Quelques inquiétudes se posent tout de meme vis à vis de la Chine: le passage aux frontières de nos moyens de transport et donc la nécéssité d’obtenir certaines autorisations spéciales.

> la prise de contacts:

Avant de partir, nous aurons établit différents contacts dans chaque pays. Ils sont pour nous des pieds à terre qui cadrent concrètement le choix de l’itinéraire. Ils nous apportent non seulement un échange culturel, mais aussi une aide sur place en cas d’urgence. Nous avons d’hors et deja rendez-vous avec l’Alliance francaise de Moldavie qui nous propose de debattre de nos aventures avec de jeunes moldaves et des architectes locaux.

b/pendant: le voyage et son récit

> carnet de voyage:

Ecriture et dessins : c’est le recueil du récit du voyage, il est le reflet de nos sentiments personnels. C’est a la fois le moyen de se souvenir des analyses que l’on pourra faire de l’architecture rencontrée, mais aussi le journal intime sur nos impressions de la route des personnes rencontrées, de nos galère, de nos émerveillements…tous les soirs on se prêtera au jeu de l’écriture pour que chaque petits détails marquant ne s’échappe avec le temps et les autres événements qui s’accumulent. Mais un vrai carnet de voyage ne va pas sans quelques croquis, schéma, et petits dessins dignes d’architectes. Aussi nous emmènerons nos aquarelles, et nous tenterons de mettre en couleur nos visions du paysage sur le papier.

> reportages:

Si le dessin est notre domaine, nous ne manquerons pas de nous équiper pour faire de la photo et de la vidéo. Car en effet ils restent le meilleur support de communication non seulement pour le site Internet, mais aussi pour la mise en place de future exposition. Nous avons aussi l’envie de réaliser un documentaire vidéo, mettant en image les nombreuses interviews,…

> site Internet:

Un site Internet est mis en ligne. Il permet le suivit de la préparation avant le départ, la communication pendant le voyage, et la diffusion du récit complet du projet après notre arrivée…

> contacts médiatiques:

Nous faisons d’hors et déjà appel à différent organisme de presse pour promouvoir notre aventure et/ou pour nous suivre tout au long du périple... Nous proposons entre autres d’écrire des articles sur des points ou thèmes particuliers du projet, de mettre à disposition des photos ou meme des vidéos...

c/après: le bilan

> partage:

Si a travers ce voyage nous allons voir se concretiser nos reves, cette aventure ne sera pas achevée une fois poser le pied a terre en France dans nos familles. Il est bien evident que notre but est egalement de faire partager au retour notre experience. Si nous avons deja des contacts avec notre ancienne ecole d’architecture, l’ I.S.A. Saint Luc de Wallonie, pour mettre en place une conference, c’est aussi vers les enfants que nous voulons nous tourner. Il pourrait etre facile d’imaginer un echange pedagogique avec les ecoles primaires. Dans un premier temps tout au long de notre parcours via notre site Internet et dans un deuxieme temps a notre retour lors de presentation dans les classes des enfants.

> expositions:

Nous aimerions egalement communiquer notre voyage par le biais de nos photos. Ces expositions pourraient naitrent sous differents themes: les paysages, la moto, les populations ethniques, l’habitat...

> réalisation d’un documentaire:

Comment transmettre notre experience au mieux? Les images parleront d’elles memes et seront retranscrire les ambiances parcourues dans chacun des pays, c’est pourquoi notre camera sera un des fideles compagnons de ce periple.

> site Internet:

Encore une fois Internet nous permettra non seulement de communiquer durant ces 5 mois mais aussi de faire partager aux internautes le bilan de ce voyage. Ce site sera mis a jour de maniere a encourager d’autres a realiser leur reves et sera un tremplin vers de prochaines aventures...

> écriture:

Pourquoi pas raconter notre aventure sur le papier? Nous serions ravis de presenter notre « carnet de bord » qui relatera nos emotions sur le vif! Mais aussi proposer un receuil de croquis par nous et les enfants qui se prêteront au jeu…


BUDGET?////////////





PARTENAIRES?////////////

Notre seule motivation ne suffira pas à la réussite du projet, c’est avec votre concours qu’il se verra mener à terme.

Si vous vous retrouvez dans l’esprit de ce projet, nous vous proposons d’être nos partenaires. A travers l’échange et la communication que nous mettons en place, c’est votre image que nous pouvons diffuser.

Vous pouvez nous aider en apportant votre:

> soutien moral: vos lettres de parrainages et les conseils de vos expériences sont les bienvenues.

> soutien administratif: pour l’obtention des visas et des invitations dans les pays concernés, assurances, renseigenments particuliers sur le déplacement à moto (CPD, autorisation speciale, ...).

> soutien matériel: pour le camping, pour les équipements moto, la préparation mécanique, la photo, l’informatique, ...

> soutien financier: la participation à des bourses jeunesse-aventure-culturelle, sponsoring d’entreprise, mécennat.

> soutien médiatique: par la diffusion de l’évènement au cours du périple (article de presse, reportage radio, ...) mais aussi, à notre retour en France, avec la mise en place d’expositions, la réalisation et la projection d’un documentaire.

> soutien associatif: pour nous aider dans notre recherche de contacts dans les différents pays (en France y compris): architectes locaux, écoles primaires et écoles d’architecture, associatons de jeunesse, associations humanitaires, ... afin d’enrichir l’essence de notre projet et de le partager pleinement à notre retour.





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