Hanoi Lille en moto

RUSSIE

09:01, 4/07/2012 .. Publié dans SUR LA ROUTE .. Lien

TRANSIT EN RUSSIE 04 août_13 août

Si vous avez bien suivi toutes nos péripéties, vous savez déjà que nous n’avons pu obtenir qu’un visa de transit pour traverser la Russie (pour les autres, ceux qui sont un peu perdus, se reporter au chapitre sur l’Ouzbékistan). Nous n’avons donc le droit qu’à 10 jours dans ce grand pays… il s’agit de s’organiser!
Une fois la frontière passée nous rejoignons Volgograd en deux jours. Quel bonheur de retrouver la verdure! Si quelques steppes persistent dans le paysage, nous trouvons tout de même pour notre premier campement en Russie un bout de rivière et quelques arbres… et ma foi en charmante compagnie. Dans notre recherche du lieu parfait pour planter la tente, nous tombons sur une famille russe en vacances qui nous invite à se joindre à eux. L’ambiance est à la fête et la vodka coule à flot! Malgré quelques appréhensions de ma part, nous passerons une excellente soirée. Un premier aperçu de la générosité des Russes… D’ailleurs nous repartirons avec un cadeau à déguster à notre arrivée dans le Nord!

Volgograd

L’ex Stalingrad s’étend sur près de 80 kms le long du célèbre fleuve la Volga, qui donne aujourd’hui son nouveau nom à la ville. A notre entrée dans celle-ci, la route jusqu’au centre-ville nous paraît interminable, la fatigue aidant (plus de 400 bornes en 2 jours… en Minsk). Une pause photo hasardeuse sur un parking, d’où nous pouvons observer la « géante mère patrie à l’épée », sera l’occasion d’une rencontre avec deux motards intrigués par nos montures. Solidarité oblige entre amateurs de deux roues, ils nous aideront à trouver l’hôtel où nous séjournerons durant notre visite de la ville. Hôtel incontournable puisque nous y croiserons du beau monde… Un anglais de 65 ans échappé d’un rallie en GS1200, deux allemands sur leurs vieilles BMW dignes de motos de collection et une voiture belge du Rally Mongol, un peu à la traine apparemment puisque les derniers participants croisés en date étaient au Kazakhstan…
Petite visite de la ville au hasard des rues… et visite inévitable du mémorial de la 2ème guerre mondiale sur la colline Mamaïev Et nous sommes déjà repartis.
Il ne nous faudra pas moins de deux heures pour sortir de Volgograd. Nous décidons alors de nous arrêter chez un garagiste pour régler nos problèmes électriques… un peu marre de mettre son bras pour tourner ou doubler, tel un cycliste, et un peu peur également des contrôles ukrainiens à venir… Mais nos montures donnent du fil à retordre aux mécanos russes et l’après-midi ne suffira pas à venir à bout des deux motos…Sergueï, un ami du garagiste, nous regarde travailler sur la première Minsk. Il vient très vite faire la conversation à Constance qu’il trouve apparemment à son goût. Les présentations étant faites et la deuxième moto n’étant pas réparée, nous nous invitons chez Sergueï grâce à son ami Alexis, professeur de français et interprète pour l’occasion. Ils sont tous deux ravis, l’un de pouvoir nous accueillir chez lui et rester plus longtemps en compagnie de Constance, qu’il couvrira de fleurs et de cadeaux, l’autre de pratiquer son français avec d’autres personnes que ses étudiants. Nous resterons donc une journée de plus à Volgograd… pour revisiter le mémorial mais en compagnie de deux guides et sous le soleil cette fois-ci. Cette rencontre est aussi l’occasion de nous expliquer ce qu’il se passe en Ossétie du sud. Le soir où nous dormons chez Sergueï, nous apprenons ensemble par le journal télévisé que la guerre est déclarée par la Géorgie sur cette région indépendantiste aidée par les Russes. Il nous est difficile de comprendre les explications d’Alexis même si son français est très bon, mais peut être que lui non plus n’a pas compris tous les problèmes géopolitiques du moment et les informations en russe ne nous aident pas à mieux comprendre. Malgré l’invitation de Sergueï à prolonger notre séjour chez lui, nous devons quitter notre hôte qui comprend bien qu’avec notre visa de 10 jours, il sera juste de faire la route dans les temps si nous acceptons. Il fera tout de même une dizaine de kilomètres avec nous pour nous mettre sur la bonne route après la sortie de Volgograd. Quand nous sommes accueillis, ce n’est jamais à moitié. Nous n’en demandons jamais tant, mais avec le recul, c’est surement cela qui nous fait tenir la distance de ce voyage, savoir qu’il y aura toujours des hommes pour nous aider loin de chez nous… Si c’était le but du projet d’aller à la rencontre des gens, c’est souvent le contraire qui se passe: ce sont les gens qui viennent à notre rencontre.
Nous continuons notre route vers la République de Crimée en Ukraine par les petites routes aux milieux des champs de tournesols. Notre deuxième nuit sous la tente sera la dernière en Russie puisque nous trouverons par la suite de sympathiques hôtes.
D’abord Katia et sa famille qui nous interpellerons de leur jardin pour nous inviter à prendre le thé et chez qui nous passerons finalement la nuit. Nous goûterons pour la première fois au fameux borch’, une soupe à base de betteraves, de carottes, de choux, de pommes de terre, de tomates et d’oignons, avec des morceaux de bœuf, servie avec de la crème fraîche… et ce n’est que l’entrée! Comme chaque fois que nous sommes invités, nous sommes nourris comme des rois et tous les produits sont locaux!!! La plupart des fermes que nous croisons vivent en autarcie. Katia possède environ 3 hectares de potager, des cochons, des poules, un taureau et une vache (le lait frais le matin… un délice!)…De quoi s’occuper pendant que son fils Sacha travaille à la coopérative agricole du village. La maison est simple comme souvent : les toilettes sont dehors (comme toujours) ainsi que la douche. L’eau courante n’existe pas, il faut actionner la pompe pour remplir la réserve d’eau de la douche, située au-dessus de celle-ci ou un seau qui servira à faire la cuisine.
Le départ a toujours un goût amer, il est délicat de quitter ces gens qui nous traitent comme de vrais amis et que nous ne reverrons surement jamais. Nous prenons à chaque fois leur adresse pour envoyer les photos de notre soirée qu’ils pourront ajouter à l’album de famille que nous regardions ensemble après le repas.
La route, encore la route. Quand nous sommes sur nos motos, le temps n’existe plus. A chaque pause, c’est le coup de fatigue, les douleurs qui se réveillent. Une fois repartis, tout disparait. Concentration, divagation, contemplation sont les maîtres mots des motards en voyage, le nez au vent, presque libres sur les routes toutes tracées par la carte. La boussole orientée, nous vérifions tout de même que le cap reste le bon. Le tout étant de ne pas aller vers l’Est…
Ce soir, comme tous les autres, nous cherchons un endroit où dormir. Nous sortons de la route et nous enfonçons dans une plaine irriguée de canaux tracés par l’homme. Les chemins, assez larges pour les machines agricoles, sont bordés de roseaux, nous ne voyons ni les champs, ni l’horizon. Nous nous arrêtons dans une sorte de coopérative agricole communautaire (un ancien kolkhoze peut être). Il y a un jardin avec un mémorial de la seconde guerre, sous une pergola une série de bancs, disposés face à une petite estrade comme dans une salle de classe, doit surement servir de lieu de réunion aux ouvriers agricoles pour écouter le responsable qui organise le travail de tous. Trois bâtiments servent de dortoir. Le toilette et la douche sont deux cabanes en bois, dehors. Les lieux ont l’air un peu abandonné aujourd’hui: un seul bâtiment est en partie occupé, ce qui permet aux deux hommes présents ce soir là de nous offrir une chambre pour la nuit. Ça sent le vieux, des toiles d’araignées décorent les murs et les fenêtres et les lits sont presque moisis... Nous aurions été plus au propre dans notre tente, mais on ne refuse jamais un toit en dur.
Dernière ligne droite en Russie… Nous ne sommes plus qu’à quelques kilomètres de la frontière maritime qui nous sépare de la République de Crimée. Comme chaque fois, nous appréhendons légèrement les contrôles douaniers. Ils sont au centre des discussions avec les autres voyageurs et il est souvent question d’histoire de corruption…
Dernière pause pour contempler un nouvel aspect de la campagne russe… ses vignes! Une moto nous double alors et Thomas a juste le temps de voir qu’elle est immatriculée en 01… Nous remontons sur nos Minsk et démarrons en trombe espérant la rattraper?!!?? C’est finalement au check-point que nous les rencontrerons, un couple français et leur Pan European… sans leur carte grise! Nous les abandonnerons là avec les numéros des ambassades et consuls en Russie avant de rejoindre la vraie zone de sortie de territoire et ses 300 mètres de queue (que nous déciderons rapidement de doubler). Il nous aura fallu une après-midi entière pour changer de pays, un record!
Il est alors environ 13h30, un premier guichet pour acheter des places pour nous et nos motos à bord du bac, un deuxième guichet pour vérifier que nos papiers sont en règles pour sortir de Russie… Malheureusement, ce ne sera pas le cas pour nous. Nous ne nous sommes pas enregistrés au bureau d’immigration russe, puisque tout simplement nous ne la savions pas, ce qui n’a pas l’air d’être une bonne excuse auprès du douanier… Anyway cela nous coûtera 80 euros… Urgl!! Puis enfin le véritable poste frontière, après avoir remplis des formulaires à un troisième guichet. Entre temps, Fabrice et Delphine ont retrouvé leur papier et nous ont rejoins dans la valse de l’administration. Tout le monde est en règle et nous pouvons embarquer sur le bateau… et attendre aussi que les autres soient en règle et qu’ils embarquent… Nous larguons les amarres, enfin. Quelques minutes plus tard nous débarquons en Ukraine, encore un contrôle mais plus rapide celui-là… Il est 19H15. Heureusement la compagnie de Fabrice et Delphine nous aura permis de ne pas voir ces 6 heures passées et une bonne bière fraîche nous fera vite oublier cet après-midi éreintante.

 




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